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La référence pédiatrique en ligne

site complémentaire du livre Votre Enfant, des Drs Rossant, éditions Robert Laffont

La grippe

 

Un article de VotreEnfant.


Sommaire

Mise au point sur la grippe A (virus H1N1)

rappel

mode d'emploi du Tamiflu

UTILISATION DU TAMIFLU (oseltamivir) CHEZ L'ENFANT A RISQUE DANS LA GRIPPE A PANDEMIQUE (virus H1N1 2009) (recommandations AFSSAPS du 07/09/09))


A titre CURATIF (avant 48 heures d'évolution de la maladie) chez les enfants à risque

- 13 ans et plus : 75 mg 2 x/j pd 5 jours - 1 à 12 ans <15 kg : 30 mg 2 x par jour pd 5 jours 15-23 kg : 45 mg 2 x/j 23-40 kg : 60 mg 2 x/j >40 kg: 75 mg 2x/j

- 6-11 mois : 3 mg/kg 2x/j pendant 5 jours - 0-5 mois : 2 à 3 mg/kg 2x/j

A titre PREVENTIF dans les 48 premières heures suivant le contact, chez les enfants à risque

- 13 ans et plus : 75 mg/j pd 10 jours

- 1 à 12 ans : <15 kg : 30 mg/j pd 10 jours 15-23 kg : 45 mg/j pd 10 jours 23-40 kg : 60 mg /j pd 10 jours >40 kg : 75 mg/j pd 10 jours

UTILISATION DES GELULES TAMIFLU 75 mg La suspension pédiatrique n'est disponible qu'à l'hopital. Ouvrir délicatement la gélule au dessus du récipient. Diluer 2 gélules de 75 mg dans 15 ml d'eau. La solution obtenue correspond à 1 ml = 10 mg. Mélanger l'ensemble par agitation (récipient fermé). Il est possible mais sans importance qu'il reste des petites particules en suspension. Conserver au réfrigérateur entre +2 et +8°C. La solution doit être utilisée dans les 11 jours qui suivent sa préparation. Masquer le goût amer avec de l'eau sucrée ou de la compote.

EFFETS INDESIRABLES EVENTUELS DU TAMIFLU Vomissements, céphalées, nausées, vertiges...

SURVEILLANCE DE L'ETAT GRIPPAL Hospitaliser l'enfant en cas de signes de gravité : détresse respiratoire, troubles de la vigilance, hypothermie, fièvre mal tolérée malgré le traitement, déshydratation, fréquence respiratoire >60/mn, tachycardie, difficultés alimentaires chez le bébé de moins de 6 mois ...

MESURES ADJUVANTES Faire boire, ne pas couvrir l'enfant, aérer la pièce. Paracétamol 60 mg/Kg/24h (+ ibuprifène si nécessaire). L'aspirine est contre-indiqué. Lavage fréquent des main, désinfection au gel, port du masque, obstacle à la toux....


DEFINITION DE L'ENFANT A RISQUE

traitement prolongé par aspirine affections pulmonaires chroniques (asthme, dysplasie BP, mucoviscidose) cardiopathies congénitales néphropathies chroniques graves, syndromes néphrotiques myopathies, épilepsie drépanocytose diabète ID et NID immunodépressions obésité morbide

Situations à risque chez le nourrisson de moins de un an

dysplasie bronchopulmonaire cardiopathie cyanosante prématurés <32 SA mucoviscidose malformations congénitales VAS, poumons, thorax pathologie pulmonaire intersticielle chronique pathologie neuro-musculaire annomalies de l'immunité

les vaccins contre la grippe A

Pandemrix (GSK), Humenza (Sanofi), Panenza (Sanofi), Focetria (Novartis), Celtura (Novartis), Celvapan (Baxter).

Informations sur le site : www.pandemie-grippale.gouv.fr

Mise au point sur la grippe aviaire (septembre 2006)

Conduite à tenir en cas de pandémie grippale de type H5N1

Il existe un risque potentiel de passage d'une épizootie aviaire H5N1 (peste aviaire) à une pandémie grippale (qui serait une nouvelle grippe A humaine).

Rappellons les dernières pandémies grippales :

  • 1918-1919 : H1N1 "espagnole" : 20 millions de décès
  • 1957-1958 : H2N2 "asiatique" : 70 000 décès (USA)
  • 1968-1969 : H3N2 "Hong Kong"
  • 1977 : H1N1 "russe"
  • 1997 : H5N1 "aviaire" : 18 cas humains à Hong-Kong
  • 1999 : H9N2 "aviaire" : 2 cas humains à Hong Kong
  • 2003 : H7N7 "aviaire" : 85 cas humains aux Pays-Bas
  • 2004-2006 : H5N1 "aviaire" : 232 cas humains, 134 décès (Thaïlande, Vietnam, Turquie, Indonésie...)

En Indonésie, les premiers cas humains ont été identifiés en juillet 2005 dans la zone urbaine de Jakarta : 10 cas humains dont 7 décès (5 cas confirmés par l'OMS et 5 cas probables). Il n'y avait pas de contact documenté avec les oiseaux pour au moins 5 de ces cas. 7 cas confirmés ou probables sont survenus dans des familles. Il n'y a pas de signe de transmission au voisinage.

La possibilité d'une transmission interhumaine est évoquée dans au moins 15 épisodes : Vietnam, Thaïlande, Cambodge, Hong-Kong (1997), Indonésie aujourd'hui (2006). La transmission interhumaine semble très difficile et liée à un contact étroit et répété dans un cadre familial.

Le risque de pandémie reste toutefois présent en raison de l'ampleur, de la persistance et de l'extension de l'épizootie. Il existe un contexte favorable à l'émergence d'un nouveau virus grippal en Asie du Sud-Est en raison de la proximité des élevages de volailles et de porcs près des habitations et l'augmentation de la circulation des souches grippales en hiver.

Diférentes institutions surveillent en France les épizooties animales et la grippe humaine : la Direction générale de la santé (DGS), l'Institut de veille sanitaire (InVS), la Direction générale de l'alimentation (DGAL), l'Agence Française de Sécurité des Aliments (AFSSA), les Centres nationaux de Référence (CNR), les Cellules inter-régionales d'épidémiologie (CIRE) qui sont des antennes de l'InVS dans les DRASS...

Le SAMU-centre 15 est désormais le centre opérationnel santé au niveau départemental. Il intervient dans l'alerte et la détection des cas possibles de grippe H5N1 et l'alerte pandémique.

L'évolution de la grippe humaine est effectuée par les réseaux Grog et Sentiweb.

Le diagnostic précis repose sur la PCR effectuée par des laboratoires de référence.

Une modélisation de l'impact potentiel d'une pandémie en France a été effectuée.

Avec un taux d'attaque de 15 à 35%, on attend en France en dehors de toute prévention et sans prise en charge thérapeutique : 9 à 21 millions de cas avec 90 000 à 212 000 décès (500 000 à 1 million d'hospitalisations) en deux vagues successives.

L'utilisation des anti-viraux (Tamiflu, Relenza) dans le traitement curatif de la population générale réduirait de 50% le nombre de décès et de 50 à 75% les hospitalisations.

L'utilisation des anti-viraux dans le traitement préventif des professionnels de santé éviterait 70% des cas, 83% des décès et 76% des hospitalisations.

Le virus est contagieux 1 à 3 jours avant le début des signes jusqu'à 3 à 5 jours après le début des signes. La transmission se fait par voie aérienne et les mains. Les formes graves sont dues aux atteintes pulmonaires (primaire, bactérienne, mixte), cardiaques et neurologiques.

L'objectif du plan pandémie est de détecter précocément le nouveau virus grippal et d'en contenir la diffusion tout en organisant une réponse adaptée pour limiter l'impact global sur la société.

L'OMS a défini différentes phases :

  • période interpandémique :

phase 1 : absence de nouveau virus circulant

phase 2 : absence de nouveau virus circulant chez l'homme avec une circulation chez l'animal induisant un risque pour l'homme

  • période d'alerte pandémique :

phase 3 : cas humains sans transmission interhumaine (ou rares cas isolés)

phase 4 : foyers de transmission interhumaine limitée et localisée

phase 5 : extension des cas groupés encore géographiquement limités

  • période pandémique :

phase 6 : forte transmission interhumaine avec extension géographique rapide.

En cas de phase 4 et 5, les mesures "barrières" (lavage des mains avec une solution hydro-alcoolique, mouchoirs jetables, port des masques (type FFP2 pour les professionnels de santé), isolement des cas, mise en quarantaine des contacts et co-exposés, restriction des mouvements et de réunion devraient permettre l'extinction des petits foyers.

En phase 6, les mesures barrières et les antiviraux devraient ralentir l'épidémie et donner le temps à la préparation du vaccin (6 mois).

Epidémie de grippe aviaire A (H5N1)

Point au 17 janvier 2007

La grippe aviaire

La grippe aviaire est une infection par un virus grippal qui comprend plusieurs genres (ou types) dont influenza virus A. Celui-ci est divisé en sous-types parmi lesquels H5 et H7. Cette infection peut toucher presque toutes les espèces d'oiseaux, sauvages ou domestiques. Elle peut être fortement contagieuse, surtout chez les poulets et les dindes, et peut entraîner une mortalité extrêmement élevée, en particulier dans les élevages industriels. Le virus influenza aviaire infecte parfois d'autres espèces animales, notamment le porc. Les canards domestiques, chez qui l'infection est le plus souvent asymptomatique, pourraient jouer un rôle important dans la dissémination du virus en servant de réservoir silencieux.

Les virus de la grippe aviaire peuvent exceptionnellement être transmis à l'homme. Cette transmission s'effectue essentiellement lors de contacts fréquents et intensifs avec des secrétions respiratoires et des déjections d'animaux infectés. Le tableau clinique chez l'homme est marqué par une infection respiratoire aiguë sévère, d'évolution souvent fatale. L'infection peut également prendre d'autres formes cliniques (digestives, par exemple), voire être asymptomatique. Le diagnostic biologique est réservé à certains laboratoires spécialisés. Des traitements antiviraux peuvent, dans certaines situations, avoir une certaine efficacité en prévention ou dans la prise en charge thérapeutique.

Le risque majeur représenté par les virus aviaires A(H5N1) est qu'ils s'adaptent à l'homme et qu'une transmission interhumaine s'installe. Ce virus peut s'adapter de deux façons : soit en mutant progressivement, soit en se recombinant avec une souche virale humaine. Cette recombinaison pourrait survenir chez un hôte intermédiaire (porc) ou chez l'homme à l'occasion d'une co-infection. Une souche recombinée ou qui aurait mutée pourrait acquérir une capacité de transmission interhumaine. Le risque de dissémination deviendrait alors important, compte tenu de l'absence d'immunité de la population mondiale vis-à-vis de cette nouvelle souche.

En décembre 2003, une souche virale de type A(H5N1) hautement pathogène a été identifiée dans des foyers de grippe aviaire en République de Corée et signalée à l'OIE (Organisation mondiale de la santé animale). De nombreux autres foyers aviaires causés par ce virus ont été depuis identifiés dans plusieurs pays d'Asie, d'Europe et d'Afrique. Cette épizootie a été à l'origine de plusieurs centaines de cas humains (voir situation épidémiologique) dans les pays touchés.

Situation de l'épizootie A(H5N1) (épidémie animale)

Depuis le début de l'épizootie (décembre 2003), 58 pays ou territoires ont notifié des infections chez des oiseaux sauvages ou d'élevage : Afghanistan ; Albanie ; Allemagne ; Arabie Saoudite ; Autriche ; Azerbaïdjan ; Birmanie ; Bosnie-Herzégovine ; Bulgarie ; Burkina Faso ; Cambodge ; Cameroun ; Chine ; Chypre ; Côte d'Ivoire ; Corée du Sud ; Croatie ; Danemark ; Djibouti ; Egypte ; Espagne ; France ; Géorgie ; Grèce ; Hong-Kong ; Hongrie ; Inde ; Indonésie ; Irak ; Iran ; Israël ; Italie ; Japon ; Jordanie ; Kazakhstan ; Koweït ; Laos ; Malaisie ; Mongolie ; Niger ; Nigeria ; Palestine ; Pakistan ; Pologne ; Roumanie ; Royaume-Uni (Ecosse) ; Russie ; Serbie ; Slovaquie ; Slovénie ; Soudan ; Suède ; Suisse ; Thaïlande ; Tchéquie ; Turquie ; Ukraine ; Vietnam.

Sur le continent européen, des épizooties dues au virus A(H5N1) ont touché des élevages de volailles dans 12 pays : Albanie, Allemagne, Chypre, Danemark, France, Hongrie, Roumanie, Russie, Serbie, Turquie, Ukraine et Suède.

Par ailleurs, des oiseaux sauvages ont été trouvés porteurs du virus A(H5N1) dans 13 autres pays d'Europe à ce jour : Autriche, Bosnie-Herzégovine, Bulgarie, Croatie, Espagne, Grande-Bretagne, Grèce, Italie, Pologne, Slovaquie, Slovénie, Suisse et Tchéquie.

L'infection par le virus a également été identifiée chez un chien en Thaïlande, et chez des chats domestiques en Allemagne, en Autriche, en Roumanie, en Irak et en Indonésie. Des infections chez des félins avaient déjà été identifiées en Asie en 2003-2004. Aucun de ces cas n'a été à l'origine d'une transmission documentée à l'homme.

Une infection a également été documentée chez des mustélidés (vison et fouine) en Allemagne et en Suède. Ces animaux sauvages très sensibles aux virus de la grippe se sont probablement infectés en mangeant des cadavres d'oiseaux porteurs du virus.

Un point actualisé de la situation mondiale de l'épizootie est disponible dans le dernier Bulletin hebdomadaire international ( http://www.invs.sante.fr/international/index.htm ).

Situation des cas humains

En Asie - A ce jour, des cas humains ont été identifiés dans 5 pays d'Extrême Orient (dont 4 en 2006) : le Cambodge, la Chine, l'Indonésie, la Thaïlande et le Vietnam.

Au Moyen Orient / Caucase - Depuis le début de l'année 2006, des cas humains ont été confirmés par l'OMS dans 3 pays de cette région du monde : l'Azerbaïdjan, l'Irak et la Turquie.

En Afrique - Depuis le début de l'année 2006, des cas humains ont été notifiés dans 2 pays africains : Djibouti et l'Egypte.

Une souche de grippe aviaire A(H5N1) présentant une mutation conférant une résistance à l'oseltamivir (Tamiflu®) a été isolée chez 2 cas humains prélevés en décembre 2006 en Egypte. Cette mutation est connue pour conférer une résistance à l'oseltamivir in vitro.

Des souches résistantes à l'oseltamivir avaient déjà été isolées chez l'homme au Vietnam en janvier 2005. L'OMS considère que cet événement ne modifie pas la situation épidémiologique globale et ne recommande pas pour l'instant de modification des traitements (ni thérapeutiques ni prophylactiques )

Depuis la mi-décembre 2006, on observe une intensification de la circulation virale tant chez l'homme que chez l'animal. La recrudescence hivernale des cas humains est observée chaque année depuis le début de l'épidémie en 2003.

Un récapitulatif actualisé des cas humains de grippe à A(H5N1) confirmés biologiquement et notifiés à l'OMS est disponible dans le dernier Bulletin hebdomadaire international ( http://www.invs.sante.fr/international/index.htm ).

Pour la plupart des cas humains décrits, la contamination a pour origine des contacts avec des animaux malades ou morts, ou avec leurs déjections. Néanmoins, une trentaine d'épisodes de cas groupés familiaux ont été décrits depuis le début de l'épidémie en Azerbaïdjan, au Cambodge, en Chine, en Egypte, en Indonésie, en Irak, en Thaïlande, en Turquie, et au Vietnam. Pour une dizaine d'entre eux, une transmission interhumaine limitée était fortement suspectée. Toutefois, cette possible transmission interhumaine est restée limitée et n'a pas donné lieu jusqu'à présent à une transmission communautaire.

A ce jour, les informations dont l'InVS dispose sur les nouveaux cas notifiés n'apportent aucun élément en faveur d'une modification des modes de transmission de la maladie. Selon l'OMS, le niveau d'alerte pandémique reste inchangé (phase 3).

Les mesures de contrôle

Sur le plan animal, les mesures recommandées consistent en une mise en quarantaine des foyers animaux identifiés, puis leur abattage, ainsi que celui des animaux potentiellement exposés. Afin d'éviter une contamination de ferme à ferme, il est nécessaire d'appliquer rigoureusement des procédures de décontamination du matériel utilisé dans ces fermes (vêtements, voitures.). Une conférence internationale, sous l'égide de l'OMS, de l'OIE et de la FAO, s'est tenue en juillet 2005 afin de statuer sur les mesures nécessaires pour prévenir la transmission du virus. Les principales recommandations insistaient sur la nécessité d'élever les différentes espèces animales séparément, en évitant notamment tout contact entre les volailles et les porcs, de mener de larges campagnes de vaccination sur ces animaux dans les zones à haut risque de transmission, et d'encourager les éleveurs à signaler les cas suspects de grippe aux autorités en prévoyant un dédommagement adéquat pour le préjudice financier subi en cas d'abattage.

Sur le plan humain , des mesures de précaution individuelles sont recommandées pour les personnes exposées à des volailles infectées. De même, pour les voyageurs se rendant dans des zones où il existe des foyers animaux, il convient de respecter certaines précautions (http://www.grippeaviaire.gouv.fr). A l'heure actuelle, il n'existe aucun vaccin humain contre la grippe aviaire A(H5N1)

Le risque de pandémie grippale est pris en compte par les pays de la Communauté Européenne, et notamment par la France qui dispose d'un plan gouvernemental de lutte élaboré dans la perspective d'un tel événement ( http://www.grippeaviaire.gouv.fr).

Pour plus d'informations (en particulier sur les mesures de précautions à prendre pour les voyageurs en Asie) :

Pour en savoir plus

Grippe aviaire :

Ecole Normale Supérieure : grippe aviaire