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La référence pédiatrique en ligne

site complémentaire du livre Votre Enfant, des Drs Rossant, éditions Robert Laffont

La maternologie

 

Un article de VotreEnfant.


"La vie commence là où commence le regard".

Amélie Nothomb

La métaphysique des tubes

"La venue au monde reste un mystère. Il y a une naissance des corps qui est l'accouchement, et les processus physiologiques permettent une adaptation rapide, soumise à notre temporalité. Mais au delà de l'accouchement, il y a aussi une naissance psychique et spirituelle, naissance d'un être humain, d'une conscience, d'une pensée. Il y a passage d'un monde intemporel de globalité, de totalité, d'harmonie originelle permanente à un monde de discontinuité et de frustrations. Le protoregard est une passerelle entre ces deux mondes. Pour la maman, le premier regard de son bébé crée un "élan maternel" indéfectible. Pour le nouveau-né, la rencontre d'un autre regard humain l'humanise et le transforme en être de conscience et de pensée, en être de désir, toujours à la recherche de l'absolu originel".

(Marc Pilliot : Le regard du naissant)

Sommaire

Jean-Marie Delassus

est le pionnier de la maternologie :


Interview de Jean-Marie Delassus (France-Culture, février 2006)


Dr Lyonel Rossant sur France Bleu Besançon


expliqués par le Dr Jacky Israel


expliquée par le Dr Lyonel Rossant sur RCF (Radio Chrétienne Française)

Exemples de regards intenses entre bébé et sa mère (Delassus):


Photos de premiers regards (Laura Berg))

Michel Odent

à Pithiviers avait mis au point un concept en piscine d'accouchement dans l'eau (Frederic Leboyer "Pour une naissance sans violence") qui avait fait scandale en son temps.

Vidéo :


Bébé garçon de 5 heures de vie refusant de regarder sa mère qui aurait préféré une petite fille :

vidéo :


Françoise Dolto :



plutôt que l'embrasser


par le Dr Lyonel Rossant (Nice-Télévision)

Exemples de liens mère-enfant vus par les peintres

  • Mary Cassat :


Dans les séries TV

américaines


Un cas de maternologie dans une série TV française :


Marie Laforêt

Hier soir, dans la cuisine,

je préparais le dîner, quand mon petit garçon est entré.

Il m'a tendu un morceau de papier griffonné.

J'ai essuyé mes mains sur mon tablier,

et je l'ai lu. Et voici ce qu'il disait :

L'enfant

Pour avoir fait mon lit toute la semaine 3 francs

Pour avoir été aux commissions 1 franc

Pour avoir surveillé le bébé pendant que toi tu allais aux commissions 1 franc 25

Pour avoir descendu la corbeille à papiers 75 centimes

Pour avoir remonté la corbeille à papiers 1 franc et 10 centimes

Pour avoir arrosé les fleurs sur le balcon 25 centimes

Total 9 francs et 85 centimes.

Marie Laforêt

Je l'ai regardé, il se tortillait en mâchant son crayon

et une foule de souvenirs sont revenus à ma mémoire.

Alors j'ai repris son crayon, j'ai retourné la feuille et voilà ce que j'ai écrit :

Marie Laforêt

Pour neuf mois de patience et douze heures de souffrance

CADEAU

Pour tant de nuits de veille, surveillant ton sommeil

CADEAU

Pour les tours de manège, les jouets, le collège

CADEAU

Et quand on fait le tour, le total de mon amour,

C'est CADEAU

Marie Laforêt

Quand il a eu fini de lire, il avait un gros chagrin dans les yeux.

Il a levé la tête et a dit :

"M'Man, je t'aime très beaucoup"

Il a repris son papier, l'a retourné, et en grosses, grosses lettres,

a marqué :

"CADEAU"

Et quand on fait le tour, le total de l'amour,

C'est CADEAU, C'est CADEAU

Marie LAFORET

Paroles: Marie Laforêt. Musique: H. Howard 1974

Titre original: "No Charge"

© 1974 - Polydor

Les mères dans la littérature

Les mères dans la littérature

Certaines mères revivent à travers les écrits de leurs enfants, devenus écrivains ou artistes à succès. Parfois les textes dénoncent l'horreur d'une enfance malheureuse (qu'on pense à la Folcoche de Vipère au poing, d'Hervé bazin). Plus souvent ils évoquent une affection infinie, une promesse d'amour absolu faite à l'enfant dès l'aube de sa vie.

Voici quelques souvenirs de ces enfants devenus célèbres.

La mère de Romain Gary

La promesse d'amour donnée au premier jour de l'enfant, la mère de Romain Gary va la tenir au-delà de sa propre mort : " Au cours des derniers jours qui avaient précédé sa mort, elle avait écrit près de 250 lettres, qu'elle avait fait parvenir à son amie en Suisse. Je ne devais pas savoir - les lettres devaient m'être expédiées régulièrement - c'était cela sans doute, qu'elle combinait avec amour, lorsque j'avais saisi cette expression de ruse dans son regard, à la clinique Saint-Antoine, où j'étais venu la voir pour la dernière fois. Je continuai donc à recevoir de ma mère la force et le courage qu'il me fallait pour persévérer, alors qu'elle était morte depuis plus de trois ans. " (La promesse de l'aube, Romain Gary, Gallimard)

La mère de Régine Pernoud

L'historienne Régine Pernoud raconte comment sa mère, toujours vive et gaie, savait transmettre à ses enfants son amour des récits d'autrefois. " Ma mère ne pouvait qu'être heureuse de mon goût pour les livres, que j'avais hérité d'elle. Si elle n'avait guère le temps de s'asseoir pour en lire un avec moi, elle nous a raconté en revanche pendant des années, tout en vaquant à ses occupations, en repassant, en préparant le repas, en nous faisant notre toilette, les romans qu'elle aimait et qu'elle connaissait par coeur. Ces longues heures pendant lesquelles elle nous racontait David Copperfield, Oliver Twist ou Mr. Pickwick m'ont marquée pour la vie. Elle le faisait avec simplicité et naturel, sur le ton de la conversation, comme s'il s'était agi de personnes réelles de notre entourage. " (Régine Pernoud, Villa Paradis, Stock).

La mère de Jules Renard

L'enfance de Jules Renard, qu'il a transposée dans Poil de carotte, n'est guère heureuse, auprès d'une mère qui n'aime que les deux aînés et lui fait subir maintes brimades. " Mon papa, ose-t-il dire un jour, tes soucis t'absorbent, tandis que maman, c'est le cas de le dire n'a pas d'autre chien à fouetter que moi. [.] Je voudrais me séparer de ma mère. " (Jules Renard, Poil de carotte, Gallimard).

La mère de Jules Vallès

Jules Vallès n'est guère mieux servi. " Ai-je été nourri par ma mère ? Est-ce une paysanne qui m'a donné son lait ? Je n'en sais rien. Quel que soit le sein que j'ai mordu, je ne me rappelle pas une caresse du temps où j'étais tout petit ; je n'ai pas été dorloté, tapoté, baisoté ; j'ai été beaucoup fouetté. Ma mère dit qu'il ne faut pas gâter les enfants, elle me fouette tous les matins ; quand elle n'a pas le temps le matin, c'est pour midi, rarement plus tard que quatre heures. " (Jules Vallès, L'Enfant)

La mère de Marcel Pagnol

Pour Marcel Pagnol, la mère très aimée est davantage une camarade de jeu qu'une adulte autoritaire. Peut-être même un autre soi-même : " L'âge de mon père, c'était vingt-cinq ans de plus que moi, et ça n'a jamais changé. L'âge de ma mère, c'était le mien, parce que ma mère, c'était moi, et je pensais, dans mon enfance, que nous étions nés le même jour. " (Marcel Pagnol, La Gloire de mon père, Éditions de Fallois)

La mère de Marcel Proust

Jeanne Proust est une mère aimante, peut-être même trop. " Pour elle, j'avais toujours quatre ans ", écrit le romancier. À vingt ans, lorsqu'il arrive au service militaire, elle lui écrit aussitôt : " Achète, je te prie, dix cahiers de grand papier à lettres quadrillé [soit 60 feuilles doubles], deux paquets d'enveloppes blanches s'y adaptant exactement, et tu réserveras spécialement pour m'écrire à moi ces soixante lettres. Cela me sera agréable. " Mais cet amour est partagé. Lorsqu'elle meurt, Marcel Proust écrit : " Ma vie a désormais perdu son seul but, sa seule douceur, son seul amour, sa seule consolation. J'ai perdu celle dont la vigilance incessante m'apportait en paix, en tendresse, le seul miel de ma vie. " (Marcel Proust, Correspondance avec sa mère, Plon 1992).

Service de pédopsychiatrie pour moins de 1 an

À Lyon, une unité de pédopsychiatrie accueille des petits souffrant de troubles du sommeil, du comportement alimentaire ou de la relation avec leur mère. Les premiers résultats sont encourageants.[/b]

Depuis maintenant deux ans, la maternité de la clinique Monplaisir à Lyon dispose d'un hôpital de jour spécialisé dans la prise en charge psychologique de nourrissons de moins d'un an.

Si, de prime abord, la démarche peut sembler excessive eu égard au très jeune âge des petits patients, elle est loin d'être superflue. Un bébé qui dort très mal, qui refuse de s'alimenter, qui pleure souvent ou qui présente des troubles majeurs de la relation est d'abord un petit être en souffrance. En outre ces symptômes déstabilisent gravement la mère et perturbent l'atmosphère de la cellule familiale, comme l'a expliqué la pédopsychiatre Marie Titeca, à l'occasion d'un colloque organisé par la fédération des cliniques privées.

Selon elle, l'unité spécialisée de la clinique Monplaisir, dans laquelle elle exerce avec plusieurs autres psychiatres et psychologues, mais aussi des puéricultrices, des infirmières, des sages-femmes, des psychomotriciennes et une assistante sociale, est unique en France.

Les troubles du sommeil sont sans conteste la première cause d'hospitalisation.

Fort mal supportés par les parents, ils font courir le risque de maltraitance. Ces bébés font à peu près leur nuit, mais sont, en revanche, incapables de fermer l'oeil dans la journée. Hypervigilants, le visage marqué par des cernes, ils n'arrivent plus à se reposer. Certains pleurent, car ils s'énervent et luttent contre l'endormissement, d'autres pas. «Il peut s'agir d'un "bébé éponge" qui peut réagir à la pathologie somatique d'un parent», décrypte Marie Titeca, pour qui la prise en charge passe par la restauration des rythmes de vie.

«On va accompagner la maman dans le repérage des signes de l'endormissement

On va aussi proposer des lieux de sommeil différents, dans un hamac par exemple. Massage, jeu, même chez un tout-petit de deux mois, complètent ce travail de médiation.»

Le bébé accompagné par sa mère vient deux à trois fois par semaine passer la journée de 9 heures à 17 heures dans l'unité. Mais le jeudi, de 11 h 30 à 16 heures, les mamans sont interdites de séjour dans l'établissement. Ceci afin de permettre aux intervenants d'analyser comment le petit patient se comporte en leur absence.

Les troubles de la relation mère-enfant viennent en second. Les jeunes femmes ont beaucoup de mal à tenir dans leurs bras un bébé raide comme un bout de bois ou au contraire poupée de chiffon. Elles ont peur de le faire tomber et ne savent pas vraiment s'il a faim d'autant qu'il pleure beaucoup ou se met, au contraire, très en retrait. Bref, c'est un enfant qui désorganise complètement les compétences maternelles. Lors de l'hospitalisation, les professionnels vont tout mettre en oeuvre pour restaurer ce lien défaillant. «Une psychologue travaille exclusivement auprès de ces mères en particulier lorsqu'elles ont eu des difficultés d'ordre psychiatrique ou après un séjour trop long du nouveau-né en unité de réanimation ou à l'hôpital», indique le Dr Titeca.

Les troubles du comportement alimentaire viennent en troisième position. Le plus souvent le nourrisson souffre d'une anorexie avérée nécessitant parfois son placement en réanimation. Une femme, dont le bébé ne mange pas, vit cette épreuve comme un échec particulièrement blessant. Dans certains cas, l'origine d'un trouble provient de la relation mère-enfant. Dans d'autres, le bébé souffre d'un reflux gastro-oesophagien majeur qui provoque des brûlures et des douleurs telles qu'il ne va plus vouloir rien avaler et se mettre dans une situation de retrait quasi autistique.

Au terme de la prise en charge qui dure entre un et six mois, « ?l 'état des petits malades s'améliore considérablement, estime le Dr Titeca. Certains d'entre eux, que nous suivons depuis deux ans, ont connu une évolution très favorable après leur sortie.»

Articles au format PDF


Pour en savoir plus

Livres et articles récents :

Geberowicz B., Barroux C.: Baby-clash. Albin Michel

Comment éviter le baby-clash ? Enfants magazine n°360, août 2006

Je veux être une mère parfaite. PsychoEnfants n°8, septembre 2006

Pilliot M.: Le regard du naissant. Abstract Pédiatrie n°202, novembre 2006

Baby-blues : six façons de l'éviter. Enfant Magazine n°369, mai 2007

Adresses :

Service de maternologie Centre Hospitalier Charcot. 11, Square Anatole-France. 78210 Saint-Cyr-L'Ecole

Tél. : 01 30 79 29 13 Fax : 01 30 79 29 32

Association Française de Maternologie (AFM) même adresse Tél. /fax : 01 30 23 03 17

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