La mort subite du nourrisson (MSN)
Un article de VotreEnfant.
Extrait du Figaro, 1 novembre 2006
Une étude américaine met en évidence des anomalies dans la zone du cerveau qui contrôle des fonctions vitales telles que la respiration ou l'éveil. Elles semblent favoriser les brusques arrêts cardiaques ou respiratoires chez les nouveau-nés.
Le syndrome de la mort subite du nourrisson tue chaque année plus de 300 nouveau-nés en France. Des campagnes de préventions ont permis de réduire le nombre de cas, notamment en faisant dormir les enfants sur le dos, mais ses causes biologiques restent largement inconnues
Une étude menée par des chercheurs américains vient éclaircir ce mystère. Publiée dans le Journal of the American Medical Association, elle met en évidence des anomalies dans la zone du cerveau des nouveau-nés où sont contrôlées les fonctions vitales telles que la température corporelle ou le cycle sommeil-éveil, qui augmenteraient la vulnérabilité des nourrissons. En clair : chez ces enfants, le « signal d'alarme » physiologique est mal reçu, et l'organisme n'y réagit pas correctement.
Des anomalies dans le circuit de la sérotonine
Les chercheurs ont étudié les cerveaux de 31 nourrissons décédés de mort subite, et de 10 morts d'autres causes. Dans la zone appelée « medulla oblongata », ils ont découvert plusieurs anomalies dans le système de production et d'assimilation de la sérotonine, un neurotransmetteur chimique. En amont, les neurones chargés de sa production sont plus nombreux chez les nourrissons victimes du syndrome que chez les autres, et leur stade de maturation est moins avancé. En aval, les récepteurs de sérotonine, dont le rôle avait déjà été entrevu, sont quant à eux beaucoup moins représentés. Enfin, la protéine qui transporte la sérotonine et permet son « recyclage » est elle aussi présente en quantité insuffisante.
Lorsqu'un nouveau-né dort sur le ventre ou a le visage couvert, il respire le dioxyde de carbone qu'il vient d'expirer. L'augmentation du taux de CO2 par rapport à la quantité d'oxygène active, chez un enfant « normal », déclenche un signal d'alarme nerveux relayé par la sérotonine, qui met en route le système d'éveil et stimule la respiration. « Un nouveau-né normal se réveillera, tournera sa tête et se mettra à respirer plus vite », explique Hannah Kinney, de l'hôpital pour enfants de Boston, qui a dirigé l'étude. Chez les enfants atteints par ces anomalies, le signal d'alarme reste sans réponse, et ils s'asphyxient.
Le tabac et l'alcool à l'origine des anomalies ?
L'étude américaine vient également expliquer pourquoi les nouveau-nés mâles sont deux fois plus sujets à la mort subite que les filles. Chez les garçons ainsi décédés, un certain type de récepteur à sérotonine est sensiblement moins représenté que chez les filles.
« Nous apportons une preuve sérieuse que le syndrome de la mort subite du nourrisson est un problème biologique, et que la recherche doit se focaliser sur le système de la sérotonine dans le cerveau », estime David Paterson, qui a pris part à l'étude. Car si les anomalies sont mises en évidence, leurs causes restent à découvrir. Paterson et Kinney pensent qu'elles pourraient être provoquées par l'exposition du fotus au tabac ou à l'alcool pendant la grossesse, mais de nouvelles études devront venir l'étayer.
CO-DODO ET RISQUES DE MORT SUBITE
L'Academy of Breastfeeding Medicine est une organisation qui regroupe des médecins qui souhaitent promouvoir, protéger et soutenir l'allaitement et la lactation humaine. Un des objectifs de l'Academy of Breastfeeding Medicine est de faciliter la mise en oeuvre de pratiques optimales d'allaitement. Ce protocole clinique fait le point sur un aspect du parentage qui a un impact significatif sur l'allaitement : le lieu de sommeil de l'enfant.
Le terme co-dodo (sommeil partagé) est souvent utilisé pour faire référence uniquement au partage d'une surface de sommeil par un bébé et un parent. Toutefois, le co-dodo se réfère souvent en réalité à tous les moyens qui permettent à un enfant de dormir en étant en contact proche social et/ou physique avec la personne qui s'occupe de lui (habituellement la mère) (1). Cette définition de fonctionnement nécessite que les personnes qui pratiquent le co-dodo restent suffisamment proches l'une de l'autre pour détecter les stimuli sensoriels de l'autre et éventuellement agir sur eux, et incluent le fait que le nourrisson dorme contre un parent en utilisant un meuble ou un objet différent.
Le partage du lit est juste une forme de co-dodo. D'autres formes de co-dodo telles que le partage d'une natte, d'un futon ou du plancher sont différentes du partage du lit, car les surfaces sont différentes, et cela pourra ne pas induire les mêmes risques que ceux induits par un matelas mous, une couette, un lit d'eau, un canapé ou un fauteuil, etc. De plus, des surfaces telles qu'un canapé ou un fauteuil peuvent présenter davantage de risques (2).
Le partage du sommeil parent-enfant permet de protéger physiquement l'enfant contre le froid et augmente la durée de l'allaitement, ce qui augmente les chances de survie du petit humain au développement lent (1, 3-5). Le petit humain, en comparaison avec d'autres mammifères, se développe plus lentement, a besoin de tétées fréquentes, et naît immature sur le plan neurologique (1, 3-5). Dans les régions où sévit la malaria, le co-dodo est recommandé comme étant le moyen le plus efficace d'utiliser les moustiquaires disponibles ; le co-dodo peut être nécessaire dans d'autres régions géographiques lorsqu'il n'existe pas suffisamment de lits ou de place.
Le partage du lit et le co-dodo ont fait l'objet de discours très négatifs dans la littérature médicale ces dernières années, en tant que causes de décès infantiles (6-10). Cela a amené certaines autorités en matière de santé publique à déconseiller à tous les parents de les pratiquer. La Consumer Product Safety Commission des USA (USCPSC) recommande aux parents de « ne jamais dormir avec votre bébé » mais ne tient pas compte des importantes différences entre les diverses formes de co-dodo, ni entre les pratiques sûres et dangereuses de partage du lit (11).
Le partage du lit a longtemps été promu en tant que méthode pour favoriser le comportement de parentage ou « le parentage d'attachement », et pour faciliter l'allaitement (12-16). A partir du passage en revue de la littérature existante (voir « Justifications »), l'Academy of Breastfeeding Medicine fait les recommandations suivantes pour les professionnels de santé :
Recommandations
Dans la mesure où l'allaitement représente la meilleure forme de nutrition pour les nourrissons, toute recommandation portant sur les soins à l'enfant qui peut affecter négativement son démarrage ou sa durée doit être soigneusement pesée vis-à-vis de ses nombreux avantages connus pour les enfants, les mères et la société.
On ne devrait pas supposer que les familles n'utilisent qu'un seul type d'arrangement en matière de sommeil toute la nuit et toutes les nuits, ainsi que pendant la journée. Les professionnels de santé devraient garder cela à l'esprit lorsqu'ils se renseignent sur les pratiques de sommeil de l'enfant (2, 22). Les parents ont besoin d'être encouragés à exprimer leur point de vue et à rechercher des informations et du soutien auprès de leurs professionnels de santé. Il est nécessaire de prendre en compte les différences culturelles lorsqu'on se renseigne sur les pratiques de sommeil.
Il n'existe actuellement aucune donnée permettant de soutenir les recommandations faites contre le co-dodo. Les parents doivent recevoir des informations sur les avantages et les inconvénients du co-dodo, les pratiques dangereuses de co-dodo, et doivent avoir le droit de prendre une décision informée. Le partage du lit est une pratique complexe. Le conseil des parents au sujet de l'environnement de sommeil de l'enfant devrait inclure les informations suivantes :
1. Certaines pratiques potentiellement dangereuses de partage du lit / co-dodo ont été identifiées soit dans la littérature médicale, soit en tant que consensus par des experts :
L'exposition au tabagisme passif et le tabagisme maternel (2, 11, 17-21)
Le partage du sommeil dans un canapé, un fauteuil ou un lit de repos (2, 6, 9-11)
Dormir avec l'enfant sur un lit à eau ou du matériel de couchage mou (6, 9-11)
Dormir sur un lit à côté duquel existe un espace où le bébé peut se retrouver coincé (6, 9-11)
Placer l'enfant dans un lit d'adulte en position couché sur le ventre ou sur le côté (6, 9-11)
La consommation d'alcool ou de produits altérant le niveau d'éveil par le(s) adulte(s) qui dorme(nt) avec l'enfant (2)
2. Les familles doivent recevoir toutes les informations connues sur les pratiques sûres de sommeil partagé avec leur enfant, à savoir :
Placer le bébé sur le dos (23)
Utiliser une surface de sommeil ferme, et éviter les lits d'eau, les canapés ou les fauteuils, les oreillers, les éléments mous ou la literie mal fixée
Couvrir l'enfant uniquement avec une couverture mince. S'assurer que sa tête n'est pas recouverte. Dans une pièce froide, l'enfant sera placé dans une turbulette afin de le maintenir au chaud (6, 9-11, 13).
Eviter l'utilisation de couettes, duvets, édredons, oreillers et animaux en peluche dans l'environnement de sommeil de l'enfant (6, 9-11, 23)
Ne jamais mettre un enfant à dormir sur un oreiller ou à côté d'un oreiller (6, 9-11, 23)
Ne jamais laisser seul un enfant dans un lit d'adulte (6, 9-11, 23)
Informer les familles que les lits d'adultes présentent des risques potentiels, et qu'ils ne sont pas conçus pour répondre aux critères officiels de sûreté pour les nourrissons (6, 9-11, 23)
S'assurer qu'il n'y a pas d'espace entre le lit et la tête du lit, les murs ou toute autre surface, dans lequel le nourrisson pourrait se retrouver coincé et amené à suffoquer (6, 9-11, 23)
Placer un matelas ferme directement sur le sol et loin des murs peut être une alternative sûre. Une autre alternative au placement de l'enfant dans un lit d'adulte ou sur un matelas est d'utiliser un lit pour enfant attaché à côté du lit de l'adulte, qui permet à l'enfant d'être près de l'adulte, mais sur une surface de sommeil séparée. Il n'existe actuellement aucune étude vérifiée sur une telle installation.
A. Allaitement et co-dodo
Une étude sur le co-dodo et l'allaitement a trouvé que les enfants qui partageaient régulièrement le lit de leur mère passaient environ 3 fois plus de temps à téter pendant la nuit que les enfants qui dormaient régulièrement seuls. La fréquence des tétées nocturnes était deux fois plus importante, et la durée des tétées était 39% plus longue (16). La proximité et le contact sensoriel avec la mère pendant le sommeil facilitent une réponse rapide aux signes de l'enfant montrant qu'il est prêt à téter, et prodigue réconfort et apaisement à l'enfant dépendant ainsi qu'à ses parents.
Une grande étude prospective récente menée aux USA sur plus de 10.000 enfants a montré que jusqu'à 22% des enfants de 1 mois dormaient dans le lit parental, et que les mères allaitantes étaient 3 fois plus nombreuses à pratiquer le co-dodo que les mères qui n'allaitaient pas. 95% des enfants qui dormaient avec une autre personne dormaient avec un de leurs parents (24). Des études en Nouvelle Zélande et en Australie ont retrouvé un taux de co-dodo de plus de 40% (22, 25). Une étude rétrospective plus récente aux USA ont montré un taux de co-dodo allant jusqu'à 45% (26).
B. Co-dodo et mortalité infantile
1. Risque et prévention de la mort subite du nourrisson (MSN)
Des études épidémiologiques et une méta-analyse récente ont montré une association significative entre l'allaitement et un risque plus bas de MSN, particulièrement lorsque l'enfant était exclusivement allaité pendant les 4 premiers mois (27, 28). Toutefois, les données actuelles ne sont pas suffisantes pour démontrer avec certitude un lien de cause à effet entre l'allaitement et la prévention de la MSN. Des études ont aussi démontré une augmentation du risque de MSN lorsque l'enfant dormait avec une mère fumeuse. L'exposition au tabagisme pendant la grossesse et la petite enfance semblent contribuer à augmenter ce risque de façon indépendante des autres facteurs de risque connus tels que le statut social (2, 17-21, 29, 30). Cela a amené à recommander aux parents qui fument de ne pas dormir avec leurs enfants.
2. Risque d'asphyxie
Deux études faites par la Consumer Product Safety Commission des USA, qui utilisaient les données non vérifiées figurant sur les certificats de décès, ont conclu qu'un nombre significatif d'enfants étaient asphyxiés alors qu'ils dormaient dans un environnement dangereux, soit qu'ils ont été coincés accidentellement sur la surface de sommeil, ou qu'ils ont été étouffés par un adulte ou un autre enfant endormi (8, 10). A partir de ces études, la Consumer Product Safety Commission des USA (USCPSC) a émis des recommandations contre la pratique de toutes les formes de sommeil partagé, et a déconseillé aux parents de dormir avec leur enfant quelle que soient les circonstances.
La USCPSC est préoccupée par l'absence de standards de sécurité concernant les enfants au sujet des lits d'adultes, et des problèmes qui peuvent résulter lorsqu'un nourrisson dort dans un environnement non sécurisé. Deux études plus récentes effectuées à Saint Louis et Cleveland ont soulevé des préoccupations similaires (7, 9). Toutefois, ces études présentent les mêmes défauts que les études précédentes. Elles ne présentent pas de données sur la possibilité de l'utilisation de drogues ou d'alcool par l'adulte qui dormait avec l'enfant, et ne prennent pas en compte la position dans laquelle dormait l'enfant au moment de son décès, alors que la position sur le ventre semble être un des facteurs de risque les plus important pour la MSN. Ils mettent aussi ensemble tous les décès pendant le co-dodo, sans séparer cas où l'environnement de sommeil était dangereux, comme sur un canapé, un divan, un lit à eau, ou un fauteuil capitonné, des cas où l'environnement était de bonne qualité. Dans ces études, il n'y a aucune certitude quant à la qualité du recueil des données, à la cohérence dans les critères utilisés pour définir le fait que l'enfant a été « écrasé », et aucune validation des conclusions. Les biais du recueil des données par les médecins inspecteurs et les juges d'instruction peuvent les amener à classer tout décès de nourrisson survenu dans un lit d'adulte, un canapé ou un fauteuil en présence d'un adulte comme un décès par écrasement même s'il n'y a aucune évidence qu'il y ait eu réellement écrasement. C'est particulièrement un problème en raison de l'absence d'inspection du lieu du décès, et d'un interrogatoire détaillé des personnes présentes au moment du décès de l'enfant. Il n'existe aucune méthode d'autopsie permettant de faire la différence entre un décès dû à la MSN et un décès accidentel ou un homicide par étouffement avec un oreiller. En conséquences, les décès de nourrissons dans un berceau sont habituellement désignés comme étant une MSN, tandis que les décès sur un divan ou un lit d'adulte sont habituellement désignés comme des suffocations. La diversité des pratiques de sommeil partagé rend encore plus difficile l'analyse du décès des enfants. Une visite au domicile des familles considérées comme étant à haut risque de MSN en raison de leur statut socioéconomique a montré que celles qui pratiquaient le co-dodo étaient plus nombreuses à mettre l'enfant sur le ventre et à utiliser un lit plus mou (31).
3. Etudes prospectives de population
La seule étude prospective de population sur le partage du lit et la MSN a été effectuée en Angleterre (2). Les chercheurs ont trouvé que :
Le co-dodo avec un enfant sur un canapé était associé à un risque particulièrement élevé de MSN.
Il n'y avait pas augmentation du risque qui soit en rapport avec le partage du lit lorsque l'enfant était remis dans son berceau et ne passait pas toute sa période de sommeil dans le lit parental.
Il n'y avait aucune association entre le risque de MSN et le sommeil dans le lit parental chez les enfants dont les parents ne fumaient pas, ou chez les enfants âgés de plus de 14 semaines.
L'existence d'une corrélation entre le partage du lit et la MSN chez les enfants plus jeunes semblait être en rapport avec la consommation parentale récente d'alcool, la surpopulation du lieu d'habitation, une fatigue parentale extrême, ou le placement de l'enfant sous une couverture épaisse comme une couette.
Le sommeil de l'enfant dans la même pièce que les parents était corrélé à un risque plus bas de MSN.
Les auteurs de cette étude concluaient qu'il y avait eu très peu d'observations directes jusqu'à récemment, mais qu'il devenait évident que le fait pour la mère et son enfant de dormir ensemble avait pour résultat des interactions complexes, ce qui était très différent du sommeil isolé, et qu'il était nécessaire de bien étudier cela en détail avant d'appliquer des qualificatifs simplistes tels que « sans danger » ou « dangereux ». Ils continuaient en disant que « peut-être que ce n'est pas le partage du lit en soi qui est dangereux, mais plutôt les circonstances spécifiques dans lesquelles ce partage du lit survient. Le fait que certaines de ces circonstances puissent être modifiables a d'importantes implications en terme de mesures sociales et d'éducation en matière de santé. »
4. Diversité ethnique
Le taux de MSN est bas dans les cultures asiatiques, alors que le co-dodo y est courant. Toutefois, certains affirment que le co-dodo pratiqué dans ces cultures est différent du partage du lit qui est pratiqué aux Etats Unis. Comme Blair et ses collègues le notaient dans leur étude, « un bébé qui dort à portée de bras de la mère sur une surface ferme, comme c'est souvent le cas à Hong Kong, ou un bébé des îles du Pacifique dormant sur le lit plutôt que dans le lit, se trouve dans un environnement différent d'un bébé qui dort directement en contact avec la mère sur un matelas mou et recouvert d'une couverture épaisse » (2). Une grande étude prospective sur le partage du lit, ayant utilisé une analyse multivariable, a trouvé que la race / l'origine ethnique étaient les facteurs qui avaient la corrélation la plus forte avec le partage du lit à tous les moments du suivi, les mères d'origine africaine, asiatique ou hispanique étant 4 à 6 fois plus nombreuses à prendre leur enfant dans leur lit que les autres mères (24). Dans une étude récente menée en Alaska, où il y a un taux élevé de co-dodo dans la population de natifs de l'Alaska, les auteurs ont trouvé que presque toutes les MSN associées au sommeil de l'enfant dans le lit parental étaient corrélées à une histoire d'utilisation de drogues par les parents, et occasionnellement en association avec le sommeil de l'enfant sur le ventre, ou sur une surface telle qu'un canapé ou un lit à eau (32).
5. Etudes contrôlées menées en laboratoire
McKenna et ses collègues ont étudié le sommeil partagé avec la plus grande précision scientifique en laboratoire, et ont constaté que les enfants qui dormaient dans le lit de leur mère avaient davantage de périodes d'éveil et passaient moins de temps en stade 3 et 4 de sommeil. Cela pourrait protéger vis-à-vis de la MSN, dans la mesure où le sommeil profond et des réveils peu nombreux ont été considérés comme de possible facteurs de risque (3, 33-36).
6. Facteurs parentaux
La contribution d'autres facteurs parentaux au risque lié au partage du lit reste obscure. Blair et ses collègues ont constaté, dans une analyse multivariable, que la consommation maternelle de plus de 2 doses d'alcool (1 dose = 340 ml de bière, 145 ml de vin ou 42 ml de liqueur) et la fatigue parentale étaient corrélés à un risque plus élevé de MSN (2). Une étude néo-zélandaise n'a toutefois pas retrouvé de corrélation claire entre la consommation d'alcool et le risque de MSN. Le rôle de l'obésité a été étudié dans une seule étude sur la MSN. Les auteurs ont trouvé que le poids moyen avant la grossesse des mères qui pratiquaient le co-dodo était plus élevé que celui des mères qui ne le pratiquaient pas (7). Si l'écrasement est un mécanisme éventuel de suffocation de l'enfant, il semble plausible de penser que l'état physique et psychologique des personnes qui dorment avec l'enfant pourrait avoir son importance.
Recommandation pour les futures études
A. L'Academy of Breastfeeding Medicine recommande vivement d'effectuer d'autres études afin de mieux comprendre les avantages et les risques du co-dodo et du partage du lit, ainsi que leurs associations avec l'allaitement.
B. L'Academy est préoccupée par le fait que le co-dodo et le partage du lit soient interdits sur la base de données de mauvaise qualité et de conclusions erronées. Si des données provenant d'observateurs médicaux doivent être utilisées dans la recherche, ces examinateurs médicaux devraient développer des protocoles d'investigation des décès inexpliqués d'enfants en utilisant des méthodes standardisées et impartiales, incluant l'évaluation détaillée du site. La collecte des données doit être faite scientifiquement, de façon vérifiable, et elle doit inclure :
- L'environnement physique du lit
- La position exacte de l'enfant dans le lit
- La ou les personnes partageant le lit
- L'état physique et psychologique de ou des adultes partageant le lit avec l'enfant
- Le statut médical de l'enfant au moment du décès
Des autopsies menées de façon détaillée et soigneusement vérifiées sont essentielles, ainsi que des visites sur le lieu du décès, effectuées par des observateurs entraînés et impartiaux.
C. Les chercheurs devraient utiliser des protocoles bien définis, impartiaux, prospectifs, ainsi que des méthodes bien définies de recueil des données. Le contrôle des données pour comparaison est une part essentielle dans ce type de recherche. Les études doivent être des études de population, afin que le risque de mort subite du nourrisson et d'écrasement liés au partage du lit / co-dodo puisse être calculé. Il est nécessaire d'établir un dénominateur pour le calcul du risque et pour la comparaison avec une population ne pratiquant pas le co-dodo ou le partage du lit. Pour l'analyse finale, il est particulièrement important de ne pas considérer les facteurs de risque modifiables associés au partage du lit comme étant la même chose que le partage du lit en soi. La diversité ethnique de la population des Etats Unis doit aussi être prise en compte.
D. Poursuivre l'étude de l'impact du co-dodo sur le comportement des enfants, la MSN et l'allaitement est essentiel.
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Traduction F. Railhet pour LLLFrance, 2004
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Prévention de la MSN : Parents n°457, mars 2007
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