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La référence pédiatrique en ligne

site complémentaire du livre Votre Enfant, des Drs Rossant, éditions Robert Laffont

La tuberculose

 

Un article de VotreEnfant.

Voir aussi :

Les vaccinations (BCG)

Sommaire

actualité de la tuberculose

(L'Humanité, 28 décembre 2000) "L'affaire a bien eu lieu dans la douce France de l'an 2000. A Paris, qui plus est. Et dans un établissement scolaire huppé, le lycée XXX pour couronner le tout. La découverte d'un cas de tuberculose est en effet le genre de chose que l'on pensait rayée de la rubrique santé d'un pays parmi les plus riches du monde. Quoique la maladie ne soit en fait pas aussi rare qu'on le pense : 4 000 cas environ chaque année dans notre pays, dont 1 000 pour la seule Ile-de-France. Mais on est très loin de l'après-guerre quand la tuberculose touchait encore quelque 100 000 personnes annuellement.

Il y a deux ans pourtant une lycéenne de dix-huit ans scolarisée à Paris au lycée XXX avait été dépistée par une réaction positive à la tuberculine. A partir de là la machine se dérègle inexplicablement.

Une radiographie des poumons anormale aurait dû entraîner un suivi. La jeune fille aurait dû être contactée ou appelée à l'infirmerie pour vérifier si les dispositions nécessaires avaient été prises. Mais rien de tout cela, au point que la jeune fille, qui crachait du sang, a été admise en décembre dernier à l'hôpital avec une tuberculose avancée, plus d'un an et demi après le dépistage !

La jeune fille va bien maintenant et sortira en poursuivant son traitement.

Comme c'est l'usage, la famille est désormais suivie par un médecin généraliste afin de repérer et soigner d'éventuels autres cas.

Dans ce cas, la jeune fille, victime de négligence, a continué à fréquenter son établissement sans traitement. D'où une légitime inquiétude dans son lycée alors que la tuberculose reste en France une maladie à déclaration obligatoire. A l'hôpital, elle a été isolée par précaution pour éviter la contagion. Elle rentrera chez elle alors qu'elle ne sera plus contagieuse et terminera son traitement à la maison.

Dans le monde, la maladie tue quelque 8 000 personnes par jour, soit une personne toute les dix secondes, et provoque ainsi 2 à 3 millions de décès par an. La contamination se fait lorsque le malade contagieux expectore, tousse ou éternue, en propulsant le bacille de Koch dans de fines gouttelettes. Les personnes immunodéficientes, comme celles atteintes par le virus du sida sont particulièrement menacées. La maladie frappe aussi les personnes pauvres et démunies, exclues de la société comme les SDF.".


(Nice-Matin, 7 juin 2006) "Un pédiatre atteint de tuberculose : 1700 enfants dépistés dans les Alpes-Maritimes :

La découverte d'un cas de tuberculose pulmonaire chez un pédiatre vdu bassin cannois a motivé la mise en place d'un important dispositif par les plus hautes instances départementales (Préfecture, Conseil général, CHU de Nice) : 1700 enfants, vaccinés ou non, vont être examinés et seront soumis à un dépistage systématique comprenant un examen clinique, une radio pulmonaire et une introdermoréaction. Quel que soit le résultat du test, tous les enfants de moins de 2 ans feront l'objet d'un traitement de prévention avec la prise de deux médicaments anti-tuberculeux par jour pendant trois mois et un suivi clinique tous les mois. A l'issue de cette prophylaxie, un deuxième bilan sera pratiqué avec un nouveau contrôle à 3 mois..."

France-Bleu-Azur (Dr Lyonel Rossant):


...

La primo-infection tuberculeuse

De quoi s'agit-il

La tuberculose est une maladie infectieuse due au bacille tuberculeux humain (bacille de Koch ou BK Mycobacterium tuberculosis).

Cette maladie a toujours existé puisqu'on en trouve des descriptions dans la littérature chinoise datant de 2007 avant notre ère ! Ce n'est pourtant qu'en 1546 que l'hypothèse de contagion est émise. En 1882, Robert Koch découvre le bacille qui porte son nom et reçoit le Prix Nobel. Dix ans plus tard, Albert Calmette ouvre le premier centre anti-tuberculeux à Lille. Entre 1908 et 1921 Albert Calmette et Camille Guérin mettent au point le BCG à l'Institut Pasteur de Lille.

Pendant de très nombreuses années, la tuberculose a été un fléau meurtrier dans la plupart des pays du monde et était encore en 1955-1960 la maladie infectieuse qui causait le plus de morts en Europe et aux Etats-Unis.

Actuellement, la tuberculose reste une maladie d'actualité, même en Europe. Huit millions de nouveaux cas sont déclarés chaque année dans le monde. Un tiers de la population mondiale est infectée. La tuberculose fait 2 millions de morts chaque année. 90 % des cas se voient dans les pays pauvres, souvent touchés aussi par le sida. L'incidence augmente d'environ 0,4 % par an.

En France métropolitaine, depuis 1997, le nombre de nouveaux cas de tuberculose est stable avec environ 11 cas par an pour 100 000 habitants. En 2002, 6 322 cas de tuberculose ont été déclarés dont 277 cas chez les enfants de moins de 15 ans. Le nombre réel de cas annuels tourne autour de 10 000.

L'Île-de-France a un taux d'incidence 4 fois supérieur à la moyenne nationale. Les personnes de nationalité étrangère représentent 40,6 % de ces cas de tuberculose déclarés alors qu'elles constituent moins de 6 % de la population totale. L'incidence chez les adultes de 15-39 ans de nationalité étrangère est 23 fois supérieure à celle observée chez les sujets de nationalité française du même âge.

En 2002, l'incidence des cas déclarés de tuberculose chez les moins de 15 ans est de 1,6 cas pour 100 000 chez les enfants de nationalité française et de 13,6 pour 100 000 chez les enfants de nationalité étrangère. Pour les enfants de nationalité française l'incidence est de 2,7 entre 0 et 4 ans et 1,2 entre 5 et 14 ans. Pour les enfants de nationalité étrangère l'incidence est de 20,4 entre 0 et 4 ans et de 10,7 entre 5 et 14 ans. Les enfants nés en France de parents migrants originaires d'un pays à haute endémie ont plus à risque de développer une tuberculose.

Pour l'OMS, la vaccination par le BCG peut être arrêtée au dessous de 10 cas/100 000.

La transmission du bacille s'effectue à partir des adultes malades et non traités. L'enfant atteint de tuberculose est exceptionnellement contagieux.

La première atteinte d'un organisme indemne par le bacille de Koch détermine une "primo-infection" qui se définit par une lésion anatomique particulière (le "complexe primaire") et l'apparition d'un état d'"allergie".

Cet état d'allergie est fondamental à comprendre.

Il apparaît 4 à 8 semaines après le contact infectant, tout comme l'immunité.

En présence d'une primo-infection récemment découverte chez un enfant, il faut donc rechercher les contacts qu'il a pu avoir 4 à 8 semaines plus tôt pour découvrir le contaminateur.

L'individu qui n'a jamais été en contact avec le BK n'est pas allergique à la tuberculine.

La tuberculine est obtenue à partir de cultures de BK tués, concentrées et filtrées. On se sert de la tuberculine purifiée de l'Institut Pasteur : l'I.P.48. Il existe un lot de référence international préparé à Copenhague : la tuberculine RT 23.

En cas d'infection par le BK, l'individu devient allergique à la tuberculine.

En cas de vaccination par le BCG (bacille de Calmette et Guérin), il devient également allergique à la tuberculine.

Cette allergie se traduit par des réactions cutanées à la tuberculine (RCT) positives.

En somme, une réaction positive à la tuberculine peut vouloir dire 2 choses tout à fait différentes :

ou l'individu a été vacciné par le BCG;

C'est dire l'importance de noter sur le carnet de santé d'une part les dates des vaccinations et d'autre part les résultats des réactions cutanées à la tuberculine.

Lorsque le médecin se trouve devant un enfant qui présente une RCT positive, l'ignorance de son état de vaccination pose un problème important : cette RCT positive traduit-elle une primo-infection ou bien s'agit-il de la preuve que l'enfant a été vacciné, ce vaccin ayant été oublié ou n'étant pas inscrit sur le carnet de santé ?

Lorsqu'un enfant avait des RCT négatives qui deviennent lors d'un contrôle positives (sans notion de BCG effectué entre temps), on parle de "virage de cuti".

La rougeole, la coqueluche, la maladie d'Hodgkin sont des affections "anergisantes" c'est-à-dire qu'elles négativent transitoirement les RCT.

Par la suite, cette primo-infection tuberculeuse peut évoluer vers la "tuberculose-maladie" en deux temps : les stades secondaire et tertiaire.

Le stade secondaire correspond à une série d'accidents locaux ou généraux dépendant de la diffusion des lésions primaires. Sa durée couvre les trois années qui suivent la primo-infection.

Le stade tertiaire correspond au réveil tardif de foyers tuberculeux viscéraux ensemencés lors des épisodes précédents ou résulte d'une nouvelle contamination.

Quand y penser ?

La primo-infection tuberculeuse peut atteindre l'enfant de tout âge et elle est particulièrement grave chez le nourrisson et à l'âge pubertaire. La plupart des cas s'observent néanmoins avant 6 ans en raison de l'obligation de la vaccination par le BCG après 6 ans. Les enfants des populations transplantées sont plus atteints que les autres car non vaccinés pour la plupart, ils vivent dans des conditions de promiscuité qui augmentent le risque de contagion.

L'inoculation se fait par l'inhalation de gouttelettes de Pflügge (appelés plus prosaïquement "postillons") que projette en toussant un malade tuberculeux "bacillifère". Le tuberculeux est contagieux à partir de "cavernes" pulmonaires, sorte d'abcès ouverts et sécrétants dans le poumon même. Ces cavernes se constituent lors de la phase tertiaire de tuberculose. La primo-infection tuberculeuse n'est pas contagieuse.

Cette voie aérienne de contamination explique la prédominance du "complexe primaire" aux lobes inférieurs des poumons où la ventilation est maximum, et à droite en raison de l'orientation des bronches souches.

Le BK est un germe fragile qui ne survit pas longtemps dans le milieu ambiant. Il faut un contact important, répété et prolongé. La diffusion est passive et mécanique. Un tuberculeux tousse à la figure d'un enfant qui inhale l'air qui vient d'être pollué par du BK.

En moyenne, chaque tuberculeux contagieux contamine 5 personnes par an.

La primo-infection se développe chez le sujet contact au point d'inoculation pulmonaire, le "chancre primaire", et diffuse rapidement au ganglion lymphatique médiastinal satellite. L'ensemble "chancre+ ganglion" constitue le "complexe primaire".

Les symptômes de le primo-infection tuberculeuse sont presque toujours absents : l'enfant se porte bien, il est gai, ne maigrit pas, sa température est normale. Il n'y a notamment aucun signe respiratoire :

  • pas de toux : (un enfant qui tousse n'a pas de primo-infection...);

Parfois on note une altération de l'état général : fièvre, fatigue, amaigrissement, pâleur mais ces symptômes sont très rarement retrouvés.

Trois manifestations rares doivent faire évoquer la primo-infection :

  • l'érythème noueux qui se traduit par une éruption de nodosités enchâssées dans le derme, de 5 à 20 mm de diamètre, de taille rosée, douloureuses et siégeant sur la face antéro-interne du tibia.

Au total, le pédiatre évoquera une primo-infection chez l'enfant dans les cas suivants :

  • si un contage est suspecté : l'enfant a été en contact dans son entourage immédiat avec un adulte malade, tuberculeux, contagieux car bacillifère (membre de la famille, employée de maison, professeur des écoles etc.);

Chez l'enfant vacciné par le BCG, la primo-infection, toujours possible, se traduit par l'augmentation brusque et franche de l'intensité des RCT.

Quelle est l'évolution de la primo-infection ?

Le plus souvent, avec ou sans traitement, le complexe primaire cicatrise et soit se calcifie soit disparaît complètement.

D'autres fois, quelques complications locales surviennent dues le plus souvent à l'adénopathie et à sa contiguïté avec la trachée et les bronches : atélectasie, troubles de la ventilation etc.

De façon exceptionnelle, des complications générales peuvent se voir : méningite, pleurésie etc. mais ces accidents sont plutôt le fait des formes secondaires.

Comment affirmer le diagnostic de primo-infection ?

Le diagnostic doit être certain car il implique un traitement long et fastidieux.

Il repose sur un faisceau d'arguments :

  • la notion de contage;

Quelle est l'immunité dans la tuberculose ?

L'immunité contre la tuberculose est différente de celle qui se voit lors des autres maladies infectieuses.

Dans la rougeole par exemple, l'enfant présente les symptômes de la maladie qui suit son cours normal puis le virus est éliminé ou détruit et on trouve dans le sang de l'enfant des anticorps spécifiques contre la rougeole. Ceux-ci vont empêcher l'enfant de souffrir une deuxième fois de la rougeole. Ces anticorps chez une femme enceinte sont transmis au fotus et persisteront pendant quelques mois après la naissance. L'immunité acquise après la rougeole chez l'enfant et chez l'adulte dure toute la vie. La réinfection est impossible. Il s'agit d'une immunité humorale (portée par les anticorps présents dans l'"humeur", c'est-à-dire, dans le sang).

Dans la tuberculose, l'immunité est différente.

En cas d'infection par le BK, l'individu acquiert une protection contre une nouvelle infection. Mais cette immunité ne dure que si le bacille tuberculeux continue à vivre dans l'organisme se comportant comme un antigène vivant. Cette immunité est dite "tissulaire" ou "cellulaire". En effet, le BK se multiple dans l'organisme et l'augmentation de la masse antigénique va entraîner des processus immunitaires qui vont limiter l'extension des lésions tuberculeuses et leur dissémination. L'organisme se défend en "limitant les dégâts"...!

Cette immunité n'est pas absolue. A l'occasion d'une fatigue excessive, de restrictions alimentaires graves, pour d'autres raisons mal connues, cet équilibre immunitaire se rompt 5, 10 ou 20 ans plus tard et une nouvelle localisation de tuberculose peut apparaître. Cette nouvelle localisation est souvent pulmonaire : ce sont les "cavernes" qui rendent les malades contagieux par leur toux.

Une forme particulière : la primo-infection du nourrisson

Elle est particulièrement grave.

Les signes cliniques sont trompeurs : une stagnation de la courbe de poids, une anorexie, une fièvre sont rarement révélatrices.

La tuberculose diffuse dans l'organisme très vite :

  • broncho-pneumonie

Que faire lorsqu'une mère tuberculeuse accouche ?

Il faut séparer l'enfant de sa mère, vérifier les RCT après 3 mois et si elles sont négatives vacciner l'enfant avant de le rendre à sa mère.

On peut aussi débuter un traitement préventif par INH pendant 3 mois, vérifier les RCT et pratiquer le BCG en cas de réactions négatives.

Un problème pratique : Que faire lorsqu'un enfant a une RCT positive ?

La première chose à savoir, c'est si l'enfant a été vacciné par le BCG.

En cas de vaccin, la réaction cutanée à la tuberculine (RCT) positive prouve la protection de l'enfant à condition que les RCT aient toujours été positives à chaque contrôle.

Si un enfant a été vacciné par le BCG, que les RCT ont été positives pendant 2 ou 3 ans, puis négatives pendant un certain temps et de nouveau positives, il faut craindre une primo-infection.

Lorsque la notion de vaccin a été oubliée, l'enfant risque d'être considéré comme porteur de BK et de nombreux enfants sont ainsi traités pour rien.

Si l'enfant a des RCT positives, sans vaccination, il a été contaminé par le bacille tuberculeux humain (ou bovin) et il héberge encore ce bacille dans son organisme. On ne sait pas depuis quand et s'il s'agit d'une forme grave.

Lorsqu'un enfant a été au contact de tuberculeux contagieux, on vérifie la réaction à la tuberculine : si elle est négative, l'enfant est traité par prudence avec isoniazide pendant 3 mois; l'allergie à la tuberculine est vérifiée au bout des 3 mois. Si elle est positive, elle signe la réalité de l'infection. Si elle est toujours négative, le patient n'a pas été contaminé et le traitement de précaution peut être interrompu.

Articles récents

« La tuberculose progresse de nouveau en France »

Le Figaro, mars 2009

Anne Jouan observe dans Le Figaro que « le nombre de malades atteints de la tuberculose a progressé de 5 % en 2007 par rapport à l'année précédente, selon le Bulletin épidémiologique hebdomadaire ». La journaliste précise que « le chiffre s'élève à 5 588 cas, soit près de 9 pour 100 000 habitants », puis indique que « c'est en Ile-de-France que l'on observe le plus grand nombre de cas puisque la région représente à elle seule 38 % de l'ensemble ». Anne Jouan souligne que « les facteurs de risque liés au développement de la tuberculose sont connus. Il s'agit de groupes de population en provenance de pays en voie de développement où la maladie est endémique, de conditions socio-économiques défavorables, d'un vieillissement de la population et également des milieux pénitentiaires ». « Enfin, l'interaction VIH-tuberculose est particulièrement redoutable, car le VIH et la tuberculose accélèrent mutuellement leur progression », poursuit la journaliste. Anne Jouan précise que « seules 5 % des personnes infectées développeront la maladie et pourront la transmettre », et rappelle que « depuis juillet 2007, l'obligation de vacciner tous les enfants par le BCG a été remplacée par une recommandation forte pour les groupes à risque ». L’étude de l’InVS constate cependant « un suivi très insuffisant des nouvelles recommandations vaccinales dans les groupes à risque. Il est donc important de faire mieux connaître cette nouvelle politique vaccinale ». Le Figaro indique par ailleurs qu’un groupe de chercheurs international « a découvert et étudié sur l’animal un antituberculeux qui semble vraiment prometteur ». Le journal se penche ainsi sur un travail paru dans Science, mené par Stewart Cole (Institut Pasteur, Paris) et Vadim Makarov (Institut de biochimie, Moscou), qui « ont synthétisé une série de molécules qui contiennent des radicaux sulfures ».

Le Figaro explique que l’action d’une de ces substances, BTZ038, « est impressionnante d’efficacité : elle inhibe la croissance des mycobactéries [dans une boîte de Petri], à des concentrations presque 1 000 fois moindres que les antituberculeux classiques ! ».

Le traitement de la primo-infection

Toute primo-infection tuberculeuse doit être traitée afin d'éviter les complications de tuberculose secondaire et tertiaire. C'est donc, chez un enfant porteur de BK par primo-infection, une prophylaxie de la "maladie tuberculeuse". On parle de "chimioprophylaxie secondaire".

Les protocoles diffèrent selon les équipes, mais les règles suivantes sont le plus souvent adoptées.

En cas de primo-infection sans aucun signe clinique (primo-infection dite latente), on préconise un traitement de 3 mois avec 2 médicaments : isoniazide et rifampicine.

En cas de signe clinique (tuberculose maladie), le traitement est triple pendant 2 mois :

  • isoniazide (INH ou Rimifon®) : (5 mg/kg/jour)

Puis 2 médicaments (isoniazide et rifampicine) sont prescrits pendant 4 mois : le traitement dure donc 6 mois.

Une sérologie VIH est parfois proposée.

Une surveillance clinique et biologique est nécessaire afin de dépister les éventuels effets secondaires pendant ces traitements de longue durée (tests hépatiques, rénaux, uricémie etc.), puis une consultation avec radiographie thoracique est effectuée 6 mois après l'arrêt du traitement.

Le BCG

En France, la réglementation de la vaccination datant de 1950 et adaptée en 1965 a été modifiée en 1996 par le décret 96-775 du 5 septembre. Le décret 2004-635 du 30 juin 2004 supprime les revaccinations et l'arrêté du 13 juillet 2004 a mis fin à la pratique des tests tuberculiniques de contrôle après la vaccination.

Depuis juillet 2007, le vaccin BCG n'est plus obligatoire en France.

La tuberculose secondaire et tertiaire

De quoi s'agit-il ?

Après la primo-infection tuberculeuse, la maladie peut guérir spontanément ou se réveiller secondairement.

Dans les 2 à 3 ans qui suivent la primo-infection, peuvent survenir les accidents de la tuberculose secondaire :

  • l'atteinte des séreuses : (pleurésies- péritonites- méningites- péricardites)

La période tertiaire, qui se voit à partir de 2 ou 3 ans après la primo-infection, parfois, après 5, 10 ou 20 ans, est une maladie chronique atteignant :

  • les poumons;

C'est pour éviter ces complications que toute primo-infection doit être traitée.

Toutes ces atteintes apparaissent insidieusement et s'accompagnent d'un état fébrile prolongé, de fatigue, d'anorexie, d'amaigrissement et de pâleur. La VS est accélérée. La CRP est élevée.

Les tuberculoses secondaires

La pleurésie tuberculeuse

L'enfant se plaint d'un point de côté et présente une toux sèche. L'examen clinique peut orienter le pédiatre mais c'est la radiologie thoracique qui confirme le diagnostic de pleurésie dont l'origine tuberculeuse est reconnue à la ponction.

La pleurésie séro-fibrineuse de l'enfant est spontanément régressive mais peut entraîner, en l'absence de traitement, des adhérences (pachypleurite) qui vont perturber la fonction ventilatoire de façon définitive.

La péritonite tuberculeuse

Quelques troubles intestinaux peuvent attirer l'attention. L'ascite est reconnue par l'augmentation de volume de l'abdomen. La péritonite tuberculeuse exposait, avant les traitements actuels, au risque de stérilité par atteinte salpingienne.

La méningite tuberculeuse

Le début est progressif : fièvre modérée, asthénie, amaigrissement, insomnie, petits troubles sphinctériens, modifications du caractère, difficultés scolaires etc.

Le syndrome méningé est bâtard : céphalées, raideur de la nuque, vomissements ne sont toujours évidents.

Le fond d'oil peut montrer des lésions caractéristiques. La ponction lombaire permet le diagnostic. L'évolution est fonction de la rapidité du diagnostic et du traitement. La guérison sans séquelles, après un traitement de 15 à 18 mois est fréquente. Parfois, l'évolution est plus traînante et le risque de séquelles neurologiques voire de mort est possible.

La péricardite tuberculeuse

Elle est rare et peut être suspectée en cas de douleurs thoraciques et de dyspnée.

L'auscultation cardiaque permet d'entendre un "frottement péricardique".

La radiographie montre un gros cour.

L'ECG et l'échographie permettent le diagnostic de péricardite.

Le diagnostic étiologique repose sur la découverte du BK dans l'épanchement ainsi que sur les autres critères généraux.

La broncho-pneumonie tuberculeuse

Elle débute brutalement par une fièvre élevée avec toux, dyspnée, cyanose.

L'auscultation permet au médecin d'entendre de nombreux râles disséminés dans les 2 poumons. La radiographie pulmonaire est très évocatrice.

La tuberculose ganglionnaire

Les ganglions secondaires apparaissent presque toujours au niveau du cou. Ces ganglions sont d'abord durs et mobiles puis s'entourent de péri-adénite. La fluctuation et la fistulisation de l'adénite étaient l'évolution ordinaire avant les traitements modernes. L'exérèse chirurgicale est souvent nécessaire.

La tuberculose miliaire (granulie)

C'est la tuberculose généralisée. Un foyer tuberculeux s'ouvre dans un vaisseau sanguin et la dissémination se fait par voie sanguine dans tous les organes : poumons, rate, méninges etc.

Les tuberculoses tertiaires

La tuberculose pulmonaire

Il s'agit de la constitution d'une "caverne" tuberculeuse. La lésion tuberculeuse voit son caséum se liquéfier et s'évacuer dans une bronche. A la place de l'infiltrat initial, il reste un "trou" avec des sécrétions bacillifères. Ce stade est très contagieux : le malade touche et crache du BK.

La tuberculose ostéo-articulaire

La hanche (coxalgie), le rachis (mal de Pott), le genou (gonalgie) peuvent être le siège d'ostéo-arthrite tuberculeuse.

Le début est insidieux marqué par la fatigue, un état subfébrile et des douleurs peu intenses, mais tenaces et accentuées par la fatigue.

L'évolution spontanée comporte d'abord une phase de destruction osseuse qui dure plusieurs années. Puis, un processus de réparation spontanée survient avec ankylose.

La tuberculose uro-génitale

Elle est rare chez l'enfant.

L'ESSENTIEL

La tuberculose représente un fléau mondial avec huit à dix millions de nouveaux cas annuels et quatre cent cinquante mille morts d'enfants chaque année. Ils sont particulièrement prédisposés à développer la maladie et comparativement à l'adulte, ils développent plus facilement une tuberculose-maladie ou une tuberculose extra-pulmonaire.

La tuberculose se développe après contact avec le bacille tuberculeux si l'organisme ne contrôle pas la situation. Il y a alors dissémination avec une lésion localisée ou des atteintes multiples. Les formes les plus graves sont les méningites et les miliaires responsables d'une mortalité élevée dans la petite enfance. Pour les méningites, le risque de séquelles est élevé et le pronostic neurologique ultérieur est corrélé au stade de gravité à l'entrée. La miliaire, maladie généralisée, peut atteindre tous les organes (os, péricarde, péritoine, appareil urinaire, ganglions). La preuve bactériologique de l'infection est difficile à obtenir et le diagnostic dépend surtout d'un haut degré de suspicion et d'une accumulation de probabilités (notion de contage, intradermo réaction, radiographie pulmonaire).


intra-dermo-réaction à la tuberculine


adénopathies tuberculeuses (radiographie et scaner)


Pour en savoir plus

Caihol J., Che D., Campese C., Decludt B. : Les cas de tuberculose déclarés en France en 2001, BEH, 2003, 10-11, 54-7.

Chadelat K., Epaud R., Clément A. : La tuberculose de l'enfant en 2004, Réalités pédiatriques, 87, 15-16, Janvier 2004.

Cohen R.: Tuberculose : vaccination, diagnostic et traitement. Médecine et Enfance, 25, 1, janvier 2005

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