Les adénopathies
Un article de VotreEnfant.
La découverte de ganglions dans le cou, derrière la nuque ou dans le creux inguinal inquiète souvent les parents lorsqu'ils le remarquent chez leurs enfants.
Dans l'inconscient collectif, un ganglion évoque des maladies graves, sanguines notamment. Tout le monde a entendu parler autour de lui d'un enfant chez qui un jour un ganglion a été trouvé et chez qui a été posé le diagnostic de leucémie...
Heureusement, la plupart du temps, la découverte d'un ganglion chez l'enfant est loin d'être si grave.
Quoi de plus banal qu'un ganglion chez l'enfant ?
Tous les enfants ont de petits ganglions (moins de 1 cm de diamètre), mobiles, élastiques, indolores dans la région cervicale et aux plis inguinaux. Ils correspondent aux multiples petites infections ORL (rhino-pharyngites, adénoïdite chronique etc...), aux piqûres de moustiques surinfectées etc., et ne doivent pas inquiéter.
Par contre, il faut consulter le pédiatre
- s'il s'agit de l'apparition récente d'un gros ganglion, surtout s'il est dur, douloureux, inflammatoire ;
- ou s'il s'agit de l'apparition récente de plusieurs petits ganglions disséminés.
1°) Quelles sont les causes d'un gros ganglion isolé ?
Il s'agit en général d'une adénite aiguë ou subaiguë (adénite dites à pyogènes correspondant le plus souvent à des staphylocoques ou des streptocoques) qui traduit le drainage lymphatique d'un foyer microbien que le médecin doit rechercher. Cette "porte d'entrée" du germe peut dater de quelques semaines et être déjà guérie :
- ganglion douloureux sous-angulo-maxillaires : angine, otite, sinusite, infection dentaire ou stomatologique (stomatite, aphtose...), impétigo du cuir chevelu, etc.
- ganglion inguinal en rapport avec une plaie du pied ou du genou, un furoncle, un panaris d'orteil etc..
Parfois, l'aspect du ganglion, l'altération de l'état général, des signes cliniques associés font évoquer au médecin d'autres diagnostics :
- une toxoplasmose
- une mononucléose infectieuse
- un rhumatisme articulaire aigu (RAA)
- une tuberculose ou une infection à mycobactéries atypiques
- une maladie de Hodgkin...
En cas d'adénopathies axillaires, en plus des causes vues plus haut, il faut penser :
- à une bécégite après le BCG;
En cas d'adénopathies inguinales, il ne faut pas les confondre avec une hernie de l'ovaire chez la fille.
Les causes locales sont les plus fréquentes : plaies cutanées du pied, de la jambe ou de la cuisse, érythème fessier surinfecté etc.
2°) Lorsqu'il existe plusieurs ganglions (polyadénopathies)
Le pédiatre va rechercher :
- une maladie infectieuse :
- viroses (rubéole, rougeole, varicelle, adénovirus, cytomégalovirus...)
- brucellose
- toxoplasmose
- mononucléose infectieuse
- rhumatisme articulaire aigu
- maladie des griffes du chat
- pasteurellose, tularémie, peste etc.
- une affection hématologique :
- leucémie aiguë lymphoblastique
- maladie de Hodgkin ou lymphome non hodgkinien
- pseudo-lymphome induit par les hydantoïnes (enfant épileptique)
- une collagénose (maladie de Still, lupus erythémateux aigu disséminé etc...)
- une allergie
3°) Quel est le traitement ?
Dans l'adénite à pyogène, les antibiotiques sont nécessaires : Josacine®, Pyostacine® etc.
Dans certains cas, les anti-inflammatoires sont associés (corticoïdes notamment).
Au stade de suppuration, la ponction évacuatrice est souvent insuffisante et un drainage chirurgical est nécessaire.
Les adénites tuberculeuses et à mycobactéries atypiques requièrent un traitement spécifique.
Territoires de drainage ganglionnaire
Pour en savoir plus
- Sélection de sites Internet
- Prélèvement ganglionnaire
- Atlas de cytopathologie (en anglais)
- Atlas d'hemopathologie (en anglais)
- Association européenne de radiologie (en anglais)
- http://www.sfip-radiopediatrie.org/EPUTIM02/GENTIM02.HTM
- Affections virales


