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La référence pédiatrique en ligne

site complémentaire du livre Votre Enfant, des Drs Rossant, éditions Robert Laffont

Les dents

 

Un article de VotreEnfant.


Le travail des dents se fait sentir longtemps avant qu'elles soient percées ; il commence quelquefois à deux mois, le plus souvent à quatre, ou huit, quelquefois plus tard ; il ne faut pas s'inquiéter d'un retard. Il y a des enfants qui ne percent leurs premières dents qu'à seize ou dix-huit mois, d'autres qui en ont à trois mois ; mon plus jeune fils en avait deux à deux mois ; les deux dentitions sont également difficiles. Il y a trois époques de dentition : La première, qui est la plus difficile à passer, est terminée généralement à trois ans ; elle se compose de vingt dents.

La seconde commence de quatre à cinq ans et se termine entre huit et neuf ; elle se compose de quatre grosses dents du fond nouvelles et de douze dents de devant, remplaçant celles de la première dentition. La troisième commence de neuf à dix ans et se termine de douze à quatorze ; elle complète les vingt-huit dents, en donnant quatre dents du fond nouvelles et en remplaçant les huit dents de la première dentition, de telle sorte que les vingt dents de la première dentition se trouvent toutes remplacées. Pendant ces trois dentitions, les enfants sont sujets à des toux qui souvent sont grasses dès l'origine comme une fin de rhume ; quelquefois elles sont et restent sèches, fréquentes, convulsives, et disparaissent subitement comme elles sont venues. (...)

Pendant la dentition, les enfants sont sujets à des dérangements d'entrailles. Nous avons dit, dans un chapitre précédent, le régime et le traitement à suivre dans ce cas. Enfin, la dentition amène mille indispositions, comme vomissements, accès de fièvre, écoulements d'humeurs. Il ne faut pas s'en effrayer, et il faut soigner ces maux passagers d'après les conseils indiqués aux chapitres précédents. Ne permettez jamais à aucun médecin d'employer cette fatale mode anglaise, d'inciser les gencives de l'enfant comme moyen soi-disant excellent pour faciliter la sortie de la dent. Après l'incision, la gencive se cicatrise, devient plus dure qu'auparavant ; la dent a beaucoup plus de peine à percer cette peau durcie par la cicatrice, et l'enfant est plus exposé soit aux convulsions, soit aux autres maux amenés par la dentition. Vous lui avez donc infligé une souffrance non seulement inutile, mais contraire au but que vous espériez atteindre. Ne laissez pas non plus calmer l'agitation de l'enfant par l'opium, le sirop de pavot, diacode, et autres narcotiques qui peuvent amener des maladies graves à la tête.

Comtesse de Ségur,La Santé des Enfants, 1855

Sommaire

Généralités


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Dents noires

Mélanodontie infantile

Altération de l'émail de la dent de lait qui se voit chez l'enfant à partir de douze mois. Elle a été décrite en 1939 par Beltrami Romieu.

Il s'agit d'une dysplasie (anomalie de la formation) de l'émail dont on ne connaît pas l'origine mais qui est sans doute héréditaire. Elle se traduit par la disparition de l'émail (il se dissout ou se détache par plaques). Dès lors, les dents ne sont plus protégées et entament un processus de destruction.

Les premières dents atteintes (parfois les seules) sont les incisives supérieures.

De petites plaques d'émail se détachent : les dents présentent alors une fragilité plus importante que la normale. Elles deviennent progressivement noires, puis se détruisent pour ne laisser que des chicots.

Cette dysplasie touche uniquement les dents de lait et entraîne une destruction progressive de l'émail. L'importance de la destruction et le nombre de dents atteintes sont variables suivant les enfants.

Les dents atteintes, fragilisées, deviennent cassantes comme du verre et résistent moins bien aux chocs (lors d'une chute par exemple).

Le risque majeur de cette maladie, au-delà du préjudice pratique (l'enfant ne peut manger certains aliments : il a des grandes difficultés à mâcher la viande, croquer un biscuit sec, etc ...) et esthétique (chicots noirs), est le risque d'abcès.

Cette maladie est souvent confondue avec des caries classiques, liées à l'utilisation du biberon (étant donné sa localisation aux incisives du haut correspondant à la succion de la tétine). Or, elle se différencie de la caire par la destruction totale de la couronne (partie visible de la dent) et de la racine.

Ainsi, à l'âge de 6 ans, il ne reste des incisives que des moignons, parfois même une simple « lamelle » noire, qui se détache de la gencive sans laisser d'orifice.

Les dents définitives sont le plus souvent normales. Il arrive néanmoins qu'elles présentent un émail dysplasique (taché), qui est signe d'une fragilité accrue de la dent. Il convient alors de les enduire d'une substance protectrice dont l'efficacité est aujourd'hui prouvée et dure environ 5 ans.

  • Lavage fréquent des dents
  • Suivi dentaire très régulier, afin de prévenir les abcès : contrôle et traitement précoce de toute atteinte par mise en place de pansements à base d'antibiotique (abcès)
  • Parfois, ablation des dents (souvent en urgence)
  • La pose de matériel de remplacement est inutile chez l'enfant, la dent définitive devant venir prendre la place de la dent dysplasique
  • Tentative de modification de la flore (variété des bactéries) buccale pour essayer d'obtenir un changement de pH (acidité)
  • Supplémentation vitaminique (apport supplémentaire de vitamine)
  • Supplémentation en minéraux

Caries du biberon

Dévitalisation post-traumatique

Une coloration rosée, grisâtre ou brune peut être observée dans les suites d'un traumatisme dentaire. Elle correspond à une diffusion hémorragique au sein de la pulpe dentaire. Sa régression lente est la règle si la dent est vivante.

Actualités sur la supplémentation en fluor

Depuis octobre 2008, l'AFSSAPS a émis de nouvelles recommandations concernant la supplémentation en fluor des jeunes enfants. Quel que soit le niveau de risque de carie de l'enfant, la mesure la plus efficace de prévention des caries dentaires repose sur le brossage bi-quotidien des dents avec un dentifrice fluoré ayant une teneur en fluor adaptée à l'âge. Cependant, chez les enfants à risque carieux élevé (non respect des règles d'hygiène alimentaire, grignotage, boissons types soda, prise d'aliments durant la nuit, endormissement avec biberon sucré, non respect des règles d'hygiène bucco-dentaire, antécédents personnels ou familiaux de carie, port d'appareils d'orthodontie, prise au long cours de médicaments sucrés), il faut vérifier l'apport spontané de fluor : eaux gazeuses, sel fluoré, dentifrice fluoré etc. Si cet apport est insuffisant, du fluor en gouttes ou en comprimés peut être prescrit. Rappelons que 85% de la population française vit dans des communes où la teneur en fluor de l'eau de distribution est inférieure à 0,3 mg/L. Seuls 8 départements disposent d'une eau de distribution dont la teneur en fluor est > 0,7 mg/L : 02, 33, 37, 41, 47, 59, 77 et 86 pour quelques communes. Dans certains cas, le dentiste peut proposer une application topique de fluor.

Pour en savoir plus

Articles et livres récents

(en plus de la bibliographie du livre Votre Enfant)

Ameisen E.: L'hygiène bucco-dentaire de l'enfant au quotidien. Pédiatrie Pratique n°175, février 2006

Réalités Pédiatriques : dossier : anomalies bucco-dentaires (orthodontie, caries dentaires, fluor et caries, aphtes à répétition). n°109 - mars 2006

Première visite chez le dentiste. Parents, mai 2007

  • UFSBD (Union Française pour la Santé Bucco-Dentaire) :

7, rue Mariotte, 75017 Paris

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