Les encéphalites
Un article de VotreEnfant.
" Nicolas, 4 ans, inquiète ses parents. Depuis la veille, il est fébrile et se plaint de maux de tête. La nuit se passe mal, l'enfant se réveillant toutes les heures en pleurant.
Ce matin, il vomit à deux reprises et la mère consulte le pédiatre. Ce dernier note une raideur de la nuque et fait hospitaliser l'enfant. La ponction lombaire met en évidence une méningite lymphocytaire. En raison d'une épidémie d'oreillons, le médecin évoque une méningite ourlienne et décide de garder l'enfant en observation. Le soir, Nicolas est confus. Il ne reconnaît ni ses parents ni sa petite sour. Il répond de façon inintelligible aux questions. La fièvre persiste. Il n'y a aucun signe clinique d'oreillons. Le lendemain matin, l'enfant, toujours fébrile et fatigué, fait une fausse route en buvant son lait. Il est incapable de tenir debout sans tomber. Il est mis au repos digestif et perfusé. Le soir, il sombre dans un coma agité.
Parmi les examens biologiques, l'amylasémie est augmentée.
En raison des troubles de la déglutition, l'enfant est transféré dans le service de soins intensifs où une encéphalite herpétique est évoquée. La parotidite signant les oreillons ne se dévoile qu'après quelques jours. L'enfant sort guéri, sans séquelle, une semaine après. Il s'agissait d'une méningo-encéphalite ourlienne." (L Rossant. Observation personnelle)
Sommaire |
De quoi s'agit-il ?
Une encéphalite est l'inflammation de l'encéphale (cerveau).
Quels sont les symptômes ?
Les signes sont variables mais associent de façons diverses :
- des troubles de la conscience : obnubilation, confusion, coma...
- des convulsions;
- des signes neurologiques déficitaires;
- des signes extra-pyramidaux;
- des signes cérébelleux : ataxie etc.
- un syndrome inflammatoire : fièvre, modifications du LCR etc.
Quelles sont les causes ?
L'encéphalite dite "primitive" est due au virus herpétique. L'électroencéphalogramme est perturbé. Le scanner montre des zones d'hypodensité temporales et des foyers hémorragiques. La sérologie permet le diagnostic. La biopsie cérébrale est parfois pratiquée.
Le traitement repose sur l'aciclovir associé aux corticoïdes. La mortalité et les séquelles sont lourdes.
Les encéphalites post-infectieuses sont secondaires à une virose éruptive. L'évolution est souvent favorable sans traitement.
Les encéphalopathies aiguës para-infectieuses sont des affections non inflammatoires du cerveau et s'observent au décours de maladies virales diverses. Les signes cliniques sont un coma et des convulsions.
Le mécanisme exact des lésions est inconnu.
Une forme particulière est représentée par le [u]syndrome de Reye.[/u] Il se voit surtout chez le petit enfant (42% avant 1 an) après une grippe (infection des voies aériennes supérieures), une varicelle ou une gastro-entérite virale. D'autres infections virales telles que rougeole, rubéole, oreillons, stomatite herpétiforme, mononucléose infectieuse sont parfois en cause. Des toxiques ont également été incriminés : les salicylés (aspirine), l'ibuprofène et certains insecticides. Le syndrome évolue en deux temps. La maladie virale représente le premier stade. Alors qu'elle est en voie de guérison ou même déjà guérie, elle est suivie par des vomissements incoercibles. Les signes neurologiques surviennent dans les heures ou jours qui suivent : irritabilité, agitation, coma, convulsions et hypertonie musculaire. L'atteinte hépatique se traduit par l'élévation des transaminases (SGOT et SGPT), de l'ammoniémie, une hypoglycémie et une hyper-amino-acidurie. Le taux de prothrombine (TP) est allongé.
La biopsie hépatique à l'aiguille permet le diagnostic.
L'évolution est rapide. La mort peut survenir dans 20 à 50% des cas dans les 5 jours qui suivent le début des signes neurologiques. Des séquelles neurologiques sont possibles chez 10 à 30% des survivants.
Le traitement ne se conçoit qu'en milieu spécialisé de réanimation.
La panencéphalite subaiguë de la rougeole (encéphalite de Dawson-Van Bogaert)survient plusieurs années après la rougeole. Elle se traduit par une détérioration progressive de l'état neurologique de l'enfant qui progressivement perd la parole, la maitrise des sphincters et devient tétraplégique.
Pour en savoir plus
Leblanc A.: syndrome de Reye, La Revue du Praticien MG 14; 495; 3/4/2000
Ponsot G., Arthuis M., Pinsard N., Dulac O., Mancini J.: Neurologie pédiatrique, Flammarion, 2001
Comité des maladies infectieuses et d'immunisation, Société canadienne de pédiatrie (SCP). Consensus - Bonnes pratiques : L'encéphalite et la méningoencéphalite infantiles aiguës : recommandations. Paediatrics & Child Health 1998; 3(1):49-50.
Leroy-Malherbe V., Les encéphalites et méningo-encéphalites, In : Déficiences motrices et situations de handicaps, aspects sociaux, psychologiques, techniques, sociaux et législatifs, Ed. APF 2002
- Sélection de sites Internet
- http://www.apf-moteurline.org/aspetsmedicaux/pathologies/cerebrales/encephalites.htm


