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La référence pédiatrique en ligne

site complémentaire du livre Votre Enfant, des Drs Rossant, éditions Robert Laffont

Les sinusites

 

Un article de VotreEnfant.

1°) De quoi s'agit-il ?

Les sinus sont des cavités pneumatiques (remplies d'air) creusées dans les os de la face et qui sont en communication avec les fosses nasales.

A la naissance, les cellules ethmoïdales sont les seules cavités sinusiennes bien formées. La sinusite des nourrissons est une "ethmoïdite". Les sinus maxillaires sont de petite taille et communiquent largement avec la cavité nasale. Il n'y a pas de sinus sphénoïdal et frontal.

Les sinus maxillaires augmentent progressivement et sont bien développés vers 5 ans.

Les sinus sphénoïdaux apparaissent vers 5-6 ans, et les sinus frontaux vers 10 ans.

Ces étapes du développement expliquent les différentes pathologies rencontrées en fonction de l'âge de l'enfant. Chez le jeune enfant, les infections touchent souvent les cavités naso-sinusiennes, qui communiquent à cet âge largement entre elles.

2°) L'ethmoïdite aiguë

L'ethmoïdite aiguë n'est pas fréquente, mais elle est grave.

Elle se traduit par une fièvre élevée, et un odème unilatéral des paupières pouvant empêcher l'ouverture de l'oil, avec exophtalmie. L'obstruction nasale et la rhinorrhée sont inconstants.

Le médecin recherche systématiquement des complications orbitaires (paralysie oculomotrice, mydriase paralytique).

Les radiographies de la face confirment le diagnostic, mais l'interprétation en est parfois difficile. La tomodensitométrie (scanner) est utile en localisant la collection de pus.

Le bilan biologique montre des signes d'inflammation.

Le germe peut être recherché par drainage de l'abcès périorbitaire, par hémocultures ou par recherche d'antigènes solubles.

Les ethmoïdites méconnues ou mal traitées peuvent se compliquer de phlegmon de l'orbite (avec risque de perte de l'oil), de thrombophlébite du sinus caverneux avec septicémie et méningite purulente.

Certaines affections peuvent prêter à confusion avec l'ethmoïdite :

  • les piqûres de moustiques;
  • l'érysipèle;
  • un furoncle des paupières;
  • la dacryocystite aiguë (infection du canal lacrymal à l'angle interne de l'oil);
  • l'ostéomyélite aiguë du maxillaire supérieur...

Le traitement repose sur l'antibiothérapie, souvent par voie veineuse au moins au début du traitement.

3°) La rhinosinusite maxillaire aiguë de l'enfant de 5 à 10 ans

Toutes les rhinopharyngites s'accompagnent d'une infection des sinus, c'est la raison pour laquelle on appelle ces infections des rhinosinusites. Elles sont le plus souvent d'origine virale.

Le médecin évoque ce diagnostic devant un rhume qui traîne avec fièvre, fatigue, conjonctivite, rhinorrhée purulente, obstruction nasale, toux grasse souvent nocturne ou en position couchée, céphalées.

La pression des points sinusiens est douloureuse.

Un odème périorbitaire, des sécrétions muco-purulentes au fond de la gorge peuvent se voir dans les formes sévères, plus rares.

Le diagnostic repose sur les éléments cliniques.

La radiographie des sinus chez le jeune enfant n'est pas très contributive, elle montre souvent des opacités qui ne sont pas très spécifiques.

Le traitement

Dans les formes non compliquées, quand une origine virale est suspectée, le traitement est symptomatique : lavage et mouchage nasal avec des solutions hypertoniques, éventuellement médicament contre la fièvre. Des vasoconstricteurs prescrits sur une courte durée aide à combattre l'obstruction nasale.

Si une origine bactérienne est évoquée, le traitement fait appel aux antibiotiques (amoxicilline-acide clavulanique (Augmentin, Ciblor), cefpodoxime proxétil (Orelox), ou encore macrolide etc...).

Des aérosols sont parfois proposés et permettent d'apporter localement des anti-inflammatoires et des mucolytiques

Les aérosols font partie de l'arsenal thérapeutique, notamment dans les sinusites avec toux incessante. Ils peuvent être effectués avec un masque ou pendant que l'enfant dort


4°) La sinusite maxillaire aiguë de l'enfant de plus de 10 ans

Elle débute par un rhume pouvant être déclenché par un bain en piscine ou un coup sur le nez. Contrairement au coryza aigu (rhinite banale), le rhume persiste. Le mouchage devient purulent et l'obstruction nasale se latéralise. Une fièvre et des douleurs sous-orbitaires, unilatérales, irradiant vers l'orbite et les dents apparaissent. La douleur est pulsatile, plus intense la nuit et au lever. Elle est augmentée lors des efforts de toux, le mouchage et la position tête penchée en avant.

L'examen ORL permet le diagnostic qui peut être confirmé par la radiographie.

Le traitement est local et général :

  • lavage du nez au sérum physiologique
  • fumigations ou aérosols
  • antibiothérapie et anti-inflammatoires.

L'usage des vasoconstricteurs doit rester limité dans le temps car leur abus provoque une accoutumance et une rhinite médicamenteuse. Ils entraînent en cas de sensation d'obstruction nasale un soulagement immédiat mais cette vasoconstriction est suivie d'un phénomène de rebond de vasodilatation. L'enfant a tendance à renouveler la pulvérisation nasale de vasoconstricteurs pour pouvoir de nouveau respirer par le nez. Avec le temps, l'action du produit s'estompe et l'enfant en instille de plus en plus.

5°) Les sinusites ethmoïdo-maxillaires chroniques

Elles sont fréquentes chez les enfants souffrant :

  • d'allergie respiratoire;
  • de mucoviscidose;
  • d'hypo-gamma-globulinémie;
  • de trisomie 21;
  • de malnutrition...

Les signes cliniques sont une fièvre, une anorexie et une rhinorrhée.

L'enfant renifle sans cesse, il est perpétuellement enrhumé. Il respire bouche ouverte parce qu'il a une obstruction nasale quasi-permanente. Il tousse la nuit par quintes et il dort mal. Otites, bronchites et laryngites émaillent la saison froide.

La radiographie des sinus permet le diagnostic.

Le traitement est difficile.

L'adénoïdectomie permet d'élargir le cavum. Il faut apprendre à l'enfant à se moucher.

En cas de poussée aiguë, le traitement habituel de la sinusite aiguë doit être entrepris (voir plus haut).

Les anti-histaminiques (Primalan® etc.), la vaccinothérapie (IRS 19® etc..), les cures thermales (crénothérapie) dans les stations sulfureuses (Cauterets, Challes, Luchon...) sont utiles. En cas d'allergie, on préfèrera les eaux arsenicales (La Bourboule, le Mont d'Or...).

6°) Les sinusites maxillaires chroniques du grand enfant

Elles sont indolores.

Le mouchage, la toux sont d'importance variable. Des manifestations oculaires par réaction inflammatoire de voisinage sont fréquentes : conjonctivite, choroïdite etc.

Une cause dentaire est parfois retrouvée.

Le traitement repose sur les antibiotiques et la corticothérapie.

En cas de rechutes, une ponction-drainage des sinus est pratiquée avec mise en place d'une sonde permettant d'effectuer des lavages biquotidiens pendant une dizaine de jours.

7°) Quelle est la place de l'homéopathie ?

L'homéopathie peut donner de bons résultats dans de nombreux cas.

L'ethmoïdite aiguë du nourrisson n'est pas une indication de l'homéopathie : les antibiotiques sont indispensables.

Les soins locaux (sans menthol) doivent être pratiqués en association avec le traitement homéopathique.

Au début d'une sinusite aiguë, les remèdes utilisés sont les mêmes que ceux prescrit dans les rhino-pharyngites :

  • Oscillococcinum
  • Aconit
  • Belladona
  • Ferrum Phosphoricum
  • Allium Cepa
  • Euphrasia
  • Nux Vomica

En cas de sinusite maxillaire, les remèdes de suppuration sont prescrits :

  • Hepar sulfur
  • Pyrogenium

On peut y associer les remèdes suivants en fonction des symptômes :

  • Kalium Bichromicum (15 CH pour tarir l'écoulement, 5 CH pour l'augmenter) : aggravation au froid
  • Hydrastis : aggravation au chaud
  • Mezereum : complémentaire des précédents
  • Mercurius Solubilis
  • Phosphorus (pus et sang)
  • Lachesis

En cas de sinusite chronique :

  • Pyrogenium
  • Silicea
  • Calcarea Sulfurica
  • Aurum Metallicum
  • Asa Fetida

Pour en savoir plus

Klossek J.-M., Fontanel J.-P. : Infections aiguës naso-sinusiennes et pharyngées de l'enfant, Revue du Praticien Monographies, 51, 15, 1715-1720, 2001