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La référence pédiatrique en ligne

site complémentaire du livre Votre Enfant, des Drs Rossant, éditions Robert Laffont

Les urgences vitales

 

Un article de VotreEnfant.

Sommaire

Généralités

Quizz de secourisme

vidéo gaz de France/France3

Gestes d'intérieur avec gaz de France (site gratuit) :

Ayez toujours au dessus de votre téléphone les numéros d'appel suivants :

SAMU : 15 (à partir d'un portable : 112) : seul organisme autorisé à donner des conseils téléphoniques en cas d'urgence et à réguler les urgences

POMPIERS : 18 (urgences vitales, saignements importants)

Police/Gendarmerie : 17

CENTRE ANTI-POISON REGIONAL  : ...........

PEDIATRE ou MEDECIN DE FAMILLE :........

SERVICE MEDICAL d'URGENCE : ..........

HOPITAL DES ENFANTS LE PLUS PROCHE :.....

SOCIETE D'AMBULANCE ou TAXI:...........

Europe : n° d'urgence unique : 112

Belgique :

  • Pompiers : 100
  • Police et Gendarmerie : 101
  • Centre antipoison : 070 245 245

Suisse :

  • Pompiers : 118
  • Police : 117
  • Secours routier : 140
  • Secours médicaux : 144
  • Centre-anti-poisons : 01 251 51 51

Luxembourg :

  • Secours médicaux : 112
  • Police et Gendarmerie : 113

Canada :

  • N° d'urgence unique : 911

Les urgences vitales

Elles sont heureusement très rares. Il s'agit de circonstances où la vie de l'enfant se trouve compromise dans les 5 minutes. Une formation élémentaire de secourisme est souvent indispensable pour effectuer les gestes qui s'imposent et qui non seulement demandent l'absence d'improvisation mais aussi l'absence de panique. On rappellera néanmoins les règles générales.

L'enfant ne respire plus mais le coeur bat encore

(Prenez le pouls ou écoutez le cour contre la poitrine) :

  • faites téléphoner au S.A.M.U. (15)
  • pratiquez le bouche-à-bouche:
  • ouvrez la bouche
  • enlevez éventuellement bonbons, chewing-gum, corps étranger
  • placez un oreiller sous la tête de l'enfant pour la défléchir
  • tirez la mâchoire et le menton en avant
  • placez votre bouche autour de la bouche et des narines de l'enfant
  • insufflez l'air avec force dans les poumons de l'enfant jusqu'à ce que le thorax se soulève
  • retirez la bouche : l'enfant expire l'air automatiquement
  • recommencez à la fréquence suivante :
  • avant 2 ans : 1 fois toutes les 2 seconde
  • de 2 à 12 ans : 1 fois toutes les 3 secondes

Le coeur ne bat plus

Faites un massage cardiaque externe

  • placez l'enfant sur une surface dure : par terre (pas sur un lit ni sur un divan)
  • comprimez le coeur pour relancer la circulation :
  • où ? au milieu du sternum et pas sur les côtes sous lesquelles la plupart des parents imaginent que se trouve le cour.
  • avec quelle force ? :

- avant 1 an : avec 2 doigts - entre 1 et 12 ans : avec la paume d'une main

  • de quelle profondeur enfoncer ?

- 1 cm avant 1 an - 2,5 cm de 1 à 12 ans

  • à quelle fréquence ?

-120/min avant 2 mois -100/min avant 2 ans - 80/min de 2 à 12 ans

  • vous pouvez associer le massage cardiaque et la ventilation :

3 massages pour 1 insufflation si 2 adultes opèrent

5 massages pour 1 insufflation si vous êtes seul

L'enfant suffoque (asphyxie)

- Si l'enfant respire, encouragez-le à tousser et rassurez-le. L'anxiété ne fait qu'augmenter son sentiment d'étouffer. Si un corps étranger est visible au fond de la gorge, n'essayez pas de l'ôter seul car vous risquez de l'enclaver plus bas dans le larynx et d'obstruer les voies aériennes. Conduisez l'enfant aux urgences de l'hôpital en gardant votre calme.

  • Si l'enfant ne peut plus respirer, devient bleu, ne peut tousser ou s'évanouit :
  • ouvrez sa bouche et regardez avec une lampe si vous pouvez enlever avec vos doigts ou pince à épiler un objet étranger. Si vous ne voyez rien, n'essayez pas d'enfoncer les doigts à l'aveuglette.
  • avant un an, pratiquez la manouvre de Mofenson :
  • asseyez-vous
  • placez l'enfant à plat ventre sur votre cuisse, bras ballants de chaque côté
  • frappez fortement deux à trois fois entre les omoplates.
  • En cas d'échec, retournez le bébé, tête en bas
  • Et appuyez quatre fois sur le sternum
  • après un an, pratiquez la manouvre d'Heimlich :
  • Prenez l'enfant par derrière juste sous les dernières côtes au dessus de la taille.
  • Effectuez une forte et brusque compression avec les poings de bas en haut avec un angle de 45° pour essayer de faire sortir violemment tout l'air des poumons de l'enfant et projeter ainsi le corps étranger hors des voies aériennes.
  • Répétez cette manoeuvre 5 ou 6 fois.
  • Si elle échoue, faites du bouche-à-bouche car l'air peut souvent passer sous pression malgré le corps étranger
  • et faire prévenir par ailleurs le SAMU

La trachéotomie d'urgence est exceptionnellement nécessaire. C'est un geste de dernière chance lorsque les parents se trouvent éloignés de tout secours rapide.

L'enfant est dans le coma

Le coma se définit comme la perte prolongée plus ou moins complète de l'état de conscience.

Le coma est plus ou moins profond :

  • coma stade I (coma vigile) : l'enfant est somnolent ou agité. Sa réactivité est conservée : si on le pince ou si on le secoue, il réagit par des grognements ; il réagit à son nom. Son tonus est normal. Les réflexes sont tous présents. Le contrôle sphinctérien est à peu près conservé. Il n'y a pas de troubles végétatifs. L'EEG montrerait un ralentissement du tracé.
  • coma stade II : le contact avec l'enfant est impossible. Il est inerte. Il n'a plus aucune réactivité visuelle. Sa réactivité auditive a presque disparu. Il peut conserver une légère réactivité aux stimuli douloureux. Le tonus est variable. Le réflexe oculaire de clignement à la menace est aboli. Le réflexe cornéen est à peu près présent. Le réflexe photomoteur est conservé. Les réflexes ostéotendineux sont variables. L'enfant présente une miction automatique à la compression du globe vésical. Il présente des troubles respiratoires d'ordre neurovégétatif. L'EEG montrerait des ondes thêta et delta avec une certaine réactivité.
  • coma stade III : l'enfant est inerte et hypotonique. La réactivité est totalement abolie, la décérébration est totale. Tous les réflexes sont abolis. Il n'y a plus aucun contrôle des sphincters. Aux troubles respiratoires se surajoutent des troubles circulatoires. L'EEG montrerait des ondes delta et une réactivité nulle.
  • coma stade IV (coma dépassé ou mort apparente) : l'enfant est inerte sans aucun réflexe. La respiration spontanée est abolie. Le tracé EEG est nul en permanence.

L'échelle de Glasgow permet de chiffrer la gravité du coma de 0 à 15. Un score inférieur à 8 impose une hospitalisation en réanimation. Le score de Bicêtre est utilisé en milieu de réanimation et donne un résultat sur 20.


Quelles sont les principales causes du coma ?

  • après un traumatisme crânien :
  • coma immédiat : commotion ou contusion cérébrale nécessitant un traitement médical.
  • coma après un intervalle libre de quelques heures : constitution d'un hématome intracrânien extra ou sous-dural nécessitant un traitement neurochirurgical d'urgence.
  • sans notion de traumatisme crânien :
  • les intoxications sont les causes les plus fréquentes (barbituriques, antidépresseurs, CO, alcool, organophosphorés.)
  • l'hypoglycémie
  • les méningites et méningo-encéphalites
  • les comas survenant dans les suites d'une convulsion
  • les hématomes sous duraux
  • les comas post-anoxiques (choc, noyade, asphyxie, électrocution etc)
  • autres causes : hémorragie cérébrale, infarctus cérébral, HTA,

Que devez-vous faire devant un enfant dans le coma ?

  • prévenez le SAMU;
  • placez l'enfant en position latérale de sécurité : couché sur le côté, tête légèrement déclive;
  • évitez l'encombrement des bronches :
  • ne donnez rien à boire ni à manger;
  • retirez les vomissements et la salive;
  • empêchez la chute de la langue en arrière;
  • fermez les paupières pour éviter les ulcères de cornée;
  • luttez contre la fièvre si elle existe (refroidissez l'enfant)

L'enfant saigne beaucoup

En cas d'hémorragie importante, comprimez la plaie ou les gros vaisseaux en amont.

La pose d'un garrot (mouchoir, foulard...) sur les membres entre la plaie et le cour est parfois nécessaire mais il est alors important de le relâcher régulièrement toutes les 2 heures pour éviter de graves problèmes au niveau du membre.

L'enfant s'est noyé

Vidéo : scène de noyade (fiction extraite du fil "Ray") :


Gestes de réanimation sur un enfant noyé :


Prévenez le 15.

Mettez l'enfant sur le côté, tête plus basse que les pieds, et comprimez sa poitrine pour évacuer les voies aériennes.

Débutez la respiration artificielle par le bouche -à- bouche ou le bouche- à -nez

En cas d'arrêt cardiaque, pratiquez un massage cardiaque.

En attendant les secours, continuez la réanimation même si le pouls n'est plus perçu. En effet, toute noyade sévère s'accompagne d'une hypothermie qui justifie des efforts de réanimations prolongés.

La trousse d'urgence

Valium injectable : ampoule de 2 ml, une seringue de 5 ml et une canule rectale

Anakit (conservation dans le réfrigérateur)

Célestène 0,05% : solution buvable de 30 ml

Ventoline spray

Chambre d'inhalation type Babyhaler

Paracétamol (antalgique et antipyrétique) : solution buvable (Efferalgan ou Doliprane) et suppositoires (Efferalgan : 80, 150 et 300 mg) ou (Doliprane : 100, 150, 200, 300 mg)

Solutés de réhydration : Adiaril, GES 45

Chlorhexidine aqueuse en flacons unidoses

Aloplastine

Coalgan (saignements de nez)

Pansements

Compresses stériles, sparadrap, bandes

Aspivenin

Gants jetables

Quizz de secourisme en colonies de vacances

Pour en savoir plus

Livres et articles :

Labrune P., Oriot D., Huault G.: Urgences pédiatriques (URPEDI) : Estem, 2004

Lavaud J.: Guide des Urgences de l'enfant et du nourrisson. Editions Tribune Santé, 2002

Lavaud J.: Les accidents du quotidien. Adeic éd., Fen, 1992

Lavaud J.: Vademecum des urgences pédiatriques. Masson, 2003

Van Den Haute M.: Urgences au domicile. De Boeck éd., 2000

Adresses

(groupe francophone de réanimation et urgences pédiatriques)

Association Malaise du nourrisson

Sophie Oppenheim

01 46 47 47 65