Fermer le lecteur audio

La référence pédiatrique en ligne

site complémentaire du livre Votre Enfant, des Drs Rossant, éditions Robert Laffont

Les vaccinations (partie 2)

 

Un article de VotreEnfant.

Sommaire

Polémique sur le BCG avec la suppression du Monovax

Extraits des journaux : Le Figaro, La Croix dans SFMP.net du 22 décembre 2005

Martine Perez indique dans Le Figaro que « le Conseil national de la pédiatrie, qui regroupe plusieurs sociétés savantes et syndicats de pédiatres, a demandé hier la suppression de l'obligation de vaccination par le BCG avant l'entrée en collectivité pour ne la limiter qu'aux seuls enfants à risque ».

La journaliste cite ainsi un communiqué des praticiens, qui estiment que « la décision de poursuivre la vaccination généralisée de tous les enfants avant leur entrée en collectivité apparaît comme une erreur majeure à tous les pédiatres de terrain ».

Martine Perez rappelle que « si l'efficacité du BCG a été revue à la baisse au cours de la dernière décennie, ce qui a mis le feu aux poudres, c'est la modification récente des techniques vaccinales imposée de facto par l'arrêt de la commercialisation du vaccin par multipuncture utilisé en France jusqu'à maintenant dans plus de 90 % des cas ».

La journaliste cite le Dr Robert Cohen (chef du service de maladies infectieuses du Centre hospitalier intercommunal de Créteil), qui remarque que « le changement du mode de vaccination a transformé le rapport bénéfice/risque du BCG. [.] Le BCG intradermique est plus difficile à faire. Mais surtout il provoque un certain nombre de complications bénignes, en particulier, dans 1 à 3 % des cas, une suppuration qui persiste plusieurs semaines voire plusieurs mois et dans 1 % des cas, une adénite (NDLR un gonflement d'un ganglion) qui dure plusieurs mois également ».

Martine Perez note donc que « pour les pédiatres réunis sous la bannière du Conseil national de la pédiatrie, ces complications du BCG qui démarre le calendrier vaccinal risquent d'avoir des effets pervers en rendant les parents hostiles aux autres vaccinations ».

La journaliste indique que « la Direction générale de la santé procède à une évaluation des différentes politiques vaccinales. Une des grandes difficultés, si l'on renonce à la vaccination obligatoire, sera de réussir à maintenir celle des populations à risque », conclut Martine Perez.

La Croix donne également la parole au Dr Robert Cohen.

Le praticien déclare qu'« il faut se concentrer sur les populations à risques. [.] Depuis quelques années, la fréquence de la tuberculose dans les pays occidentaux est si faible qu'elle ne justifie plus de vacciner tout le monde ».

De l'incohérence de la politique vaccinale à la pratique clinique

Le dernier communiqué de la Direction générale de la Santé (DGS) du 14 décembre 2005 perpétuant la vaccination par le BCG SSI avant l'entrée en collectivité n'est que la suite d'un ensemble de décisions incohérentes sur les vaccins. Depuis la polémique de la vaccination anti-hépatite B et sclérose en plaques, les décisions de la DGS concernant les vaccinations apparaissent à nombre de pédiatres et de médecins du terrain comme fondées sur des raisons obscures, non scientifiques. Le principe de "précaution des décideurs" (éviter le maximum d'ennuis médiatiques et juridiques) et l'immobilisme semblant les deux règles de base. La troisième règle appliquée est d'opposer à des faits réels et observés des résultats de modèles mathématiques hypothétiques et d'accorder à ces derniers la valeur de preuve, en quelque sorte de confondre le réel avec le virtuel, la santé des enfants n'étant que rarement au centre des préoccupations"

R.Cohen - Médecine et Enfance, janvier 2006

Le Figaro du 7 juillet 2006 :

Le Comité d'éthique prend le contre-pied de l'avis de l'Académie de médecine et déconseille l'abandon de la vaccination généralisée contre la tuberculose.

EN MATIÈRE de vaccination contre la tuberculose, les avis se suivent, mais ne se ressemblent pas. Après le Conseil national de la pédiatrie et l'Académie de médecine, qui avaient l'an dernier plaidé pour une suppression du BCG systématique des jeunes enfants avant leur entrée en collectivité pour ne le limiter qu'aux seuls enfants à risques, le Comité consultatif national d'éthique (CCNE) émet une position franchement opposée.

À l'unanimité, ce qui n'est pas si fréquent pour des personnalités venant d'univers très différents, il a mis en garde contre un ciblage des «populations jugées à risques» essentiellement des enfants de migrants venant de pays où la tuberculose sévit encore de manière endémique. À l'inverse de notre pays où la maladie a beaucoup régressé - 6 234 cas en France métropolitaine en 2003 dont 114 méningites qui laissent des séquelles définitives -, même s'il existe encore de nombreuses «poches» en région parisienne.

«C'est un avis qui tape du poing sur la table», reconnaît le Pr Didier Sicard, le président du CCNE, précisant que l'arrêt de la vaccination généralisée pose de nombreuses questions éthiques qui dépassent largement les seuls enjeux scientifiques et médicaux. «Apparemment très simple, c'est en fait un sujet très conflictuel Mais une chose est sûre, les conséquences d'un tel ciblage exposeraient à un risque de stigmatiser les enfants en fonction de leur couleur de peau ou de leurs conditions socio-économiques», met-il en garde. Cet avis plaide donc volontairement pour une politique de santé publique non discriminante.

Organiser le dépistage

Rappelons que le BCG est un vaccin dont l'efficacité dans les formes simples n'est que de 50%. En revanche, il permet d'éviter les méningites et les miliaires, qui font toute la gravité de la maladie. Jusqu'ici, la vaccination par le BCG est obligatoire en France pour les enfants dès qu'ils rentrent en collectivité (crèche ou école). Une attitude différente des autres pays développés où le BCG est limité aux seuls groupes jugés à risques mais où l'accent est mis sur le dépistage.

«Certains nous reprochent cette position mais si l'on voulait supprimer la vaccination systématique, encore faudrait-il mettre en place des politiques de dépistage généralisé et de traitement suffisamment efficientes au plan pratique», analyse de son côté le Pr Alain Grimfeld, chef de service de pédiatrie à l'hôpital Trousseau, à Paris, et rapporteur de cet avis. «Il faudrait alors s'en donner les moyens et développer le réseau de médecins de protection maternelle et infantile, celui des médecins scolaires et celui des dispensaires qui manquent cruellement aujourd'hui sur le territoire.»

Le CCNE recommande aussi de mettre en place des structures de soins «anonymes et gratuites» gérées par des institutions sociales. «Accueillir des personnes vulnérables ne saurait se résumer à une procédure de dépistage assortie de contrôles d'identité dissuasifs, soutiennent les Sages. En effet, la grande question de l'efficacité d'une politique de santé publique est celle de l'accès sans crainte aux structures de santé.» Enfin, le CCNE se dit aussi préoccupé par les connotations équivoques du verbe «cibler», qui n'est pas, loin s'en faut, un mot innocent. Du moins au plan de l'éthique.

Le CCNE avait été saisi sur la suppression du caractère obligatoire et généralisé de la vaccination par le BCG par le directeur général de la Santé, le Pr Didier Houssin.

Le BCG va rester obligatoire

Le Parisien, La Croix, Le Figaro

C'est ce qu'indique Le Parisien, qui note que « les autorités sanitaires ont tranché ».

Le journal remarque ainsi que « malgré l'avis défavorable de l'Académie de médecine, de certains pédiatres et la grogne des parents, le BCG restera obligatoire en France pour tous les enfants qui entrent en collectivité ».

Le Parisien cite notamment le Pr Christian Perronne, président du Comité technique des vaccinations, qui déclare que « le BCG reste un bon vaccin, à la fois contre la tuberculose et contre certaines méningites, et il est trop tôt pour le supprimer dans notre pays ».

Le quotidien note cependant que « le maintien du BCG pour tous risque de mécontenter plus d'un pédiatre ! Ils sont de plus en plus nombreux aujourd'hui à rechigner - voire à refuser - de pratiquer ce vaccin sur les nourrissons ».

Le journal ajoute que « plusieurs praticiens n'hésiteraient pas à signer des faux certificats de vaccination ou à rédiger de faux certificats de contre-indication au BCG ».

Le Parisien revient sur la « raison de ces pratiques déconcertantes », rappelant que le BCG intradermique « entraîne pour un certain nombre de bébés des réactions indésirables », telles que des abcès purulents.

Le Pr Perronne déclare à ce sujet : « Il n'y a pas de réelles complications avec le BCG intradermique. C'est un fantasme ! Et si parfois un ganglion suintant apparaît sous l'aisselle de l'enfant, il se résorbera rapidement avec un petit traitement ».

La Croix note également que « la suppression du BCG n'est pas justifiée dans l'immédiat ».

Le journal précise que « dans un avis rendu public hier, le Comité consultatif national d'éthique invite à la prudence ».

« Sans s'opposer formellement à la suppression de la vaccination généralisée, il estime que les conditions «ne sont actuellement pas réunies» », poursuit La Croix.

Le quotidien cite entre autres le Dr Daniel Lévy-Bruhl, épidémiologiste à l'InVS, qui observe que « chez les sujets immunodéprimés, on recense quelques cas par an de complications graves qui peuvent être mortelles ».

Le Figaro retient pour sa part que « les «Sages» [sont] contre la vaccination ciblée ».

Le journal cite en effet le Pr Didier Sicard, président du CCNE, qui déclare qu'« un tel ciblage exposerait à un risque de stigmatiser les enfants en fonction de leur couleur de peau ou de leurs conditions socio-économiques »

Mediscoop du 7 juillet 06 - www.sfmp.net

Le BCG n'est plus obligatoire

La ministre de la santé, Roselyne Bachelot, a annoncé, mercredi 11 juillet, la suspension de l'obligation de vacciner tous les enfants et les adolescents contre la tuberculose par le BCG, à l'occasion de la présentation du nouveau programme de lutte contre cette maladie.

Après plus de deux ans de débats, et conformément aux recommandations du Conseil supérieur d'hygiène publique et du Comité technique des vaccinations, la France, à l'image d'autres pays européens, veut optimiser sa stratégie de vaccination en la ciblant vers les enfants dits "à risque" et en renforçant le dépistage.

L'incidence de la tuberculose - maladie infectieuse à déclaration obligatoire depuis 1964 - n'a cessé de diminuer dans les pays industrialisés. Avec 5 374 cas en 2005, elle touche près de 9 personnes sur 100 000 en France. Mais il existe de fortes disparités géographiques et sociales.

Il reste "fortement recommandé" de vacciner les enfants nés dans un pays à forte endémie tuberculeuse (Afrique subsaharienne, Asie, etc.), ou en contact avec des adultes qui en proviennent, ceux résidant en Ile-de-France ou en Guyane (deux régions qui totalisent près de 40 % des cas déclarés) ; ceux aussi vivant dans des logements insalubres, surpeuplés ou dans des conditions socio-économiques précaires, ou encore ceux ayant des antécédents familiaux. Le nouveau programme considère comme "prioritaire" la vaccination "dès le premier mois de la vie" des nourrissons des groupes à risque.

Parallèlement, des mesures sont prévues afin d'inciter les personnes présentant un risque accru (migrants, personnes âgées, détenus, personnes en grande précarité) à consulter un médecin, "en insistant", souligne le programme, "sur la gratuité des soins et la garantie de confidentialité".

Sandrine Blanchard Article paru dans l'édition du Monde du 12.07.07.

BCG : vers une suspension de la vaccination obligatoire MARC MENNESSIER. Le Figaro Publié le 11 juillet 2007

Le vaccin contre cette maladie infectieuse qui touche neuf personnes sur 100 000 en France ne sera prescrit qu'aux sujets à risque.

LE MINISTRE de la Santé, Roselyne Bachelot, devrait annoncer ce matin, à l'occasion du lancement du plan de lutte 2007-2009 contre la tuberculose, la « suspension » de l'obligation de vaccination par le BCG et un recentrage de la prévention sur les sujets à risque.

L'efficacité de ce vaccin emblématique, obligatoire en France depuis 1950 pour les enfants de moins de 6 ans avant leur entrée en collectivité (crèche, école) est revue à la baisse depuis une quinzaine d'années. Selon plusieurs études, notamment celle publiée dans le Journal of the Americain Medical Association (Jama), en 1994, le niveau de protection ne serait que de 50 % chez l'enfant. Mais, le BCG permet d'éviter (à 75 %) les méningites et les miliaires, l'une des formes graves de la maladie. À l'inverse, il peut engendrer des effets secondaires comme l'adénite bénigne (inflammation des ganglions) qui survient dans 0,1 à 0,5 % des cas.

En octobre 2005, l'Académie de médecine préconisait de réserver le vaccin aux « 100 000 nourrissons à très haut risque » ayant besoin de cette protection au lieu de le prescrire à 750 000 bambins chaque année, comme c'est le cas aujourd'hui. Il s'agit d'enfants dont des ascendants ou des proches ont été victimes du bacille de Koch, l'agent infectieux de la maladie, ou issus d'une famille provenant de pays à forte prévalence (Afrique subsaharienne, Asie, Amérique du Sud).

Avec 5 374 cas déclarés en 2005, selon l'Institut de veille sanitaire (InVS), la tuberculose touche 9 personnes sur 100 000 en France (contre 60 pour 100 000 en 1972...), et provoque environ 900 décès par an, avec des différences marquées d'une région à l'autre. Les taux de prévalence les plus élevés concernent l'Ile-de-France, qui représente 40 % des cas déclarés, et la Guyane. La maladie touche principalement les personnes âgées, les populations en situation de précarité et de promiscuité et les migrants. En 2004, 47 % des sujets atteints étaient de nationalité étrangère et 48 % étaient nés à l'étranger.

À l'instar de l'Académie de médecine, plusieurs instances, comme la Société française de santé publique, qui a organisé une audition publique sur le sujet en novembre dernier, ont recommandé l'arrêt de la vaccination systématique.

Complications bénignes

De son côté, le Conseil national de pédiatrie met en avant les complications bénignes (1 à 3 % des cas) induites par le nouveau mode d'application du BCG par voie intradermique qui a remplacé depuis janvier 2006 l'ancienne bague de multipuncture. Selon ces médecins, la balance bénéfice/risque de la vaccination n'est désormais favorable que chez les sujets à risque.

Seul le Comité consultatif national d'éthique a mis en garde contre le danger de stigmatisation des populations à risque. Un avis que ne partage pas la Haute Autorité de lutte contre les discriminations, pour qui des mesures de ciblage « n'ont pas en elles-mêmes un caractère discriminatoire ». En outre, de nombreux pays européens comme le Royaume-Uni, la Belgique, le Danemark, l'Italie, l'Espagne, la Norvège et la Suède réservent déjà le BCG aux personnes à risque.

Une chose est sûre, la suppression de l'obligation vaccinale devra s'accompagner de « la mise en oeuvre rapide et de la pérennisation du programme de lutte contre la tuberculose », présenté ce matin par Roselyne Bachelot, comme le recommande le Conseil supérieur d'hygiène public de France dans son avis du 7 mars 2007. Pour le Pr Michel Rosenheim, du service de santé publique de l'hôpital Pitié-Salpétrière, à Paris, cela suppose notamment « un dépistage et une déclaration précoces des cas, le traitement précoce des infections et le suivi des patients traités ».

En clair : pas question d'imiter l'exemple de la Suède, où l'arrêt de la vaccination généralisée, sans mesures d'accompagnement, s'était traduit par une hausse significative de l'incidence de la maladie chez l'enfant.

Relations entre ROR et autisme : une escroquerie scientifique

En 1998, le gastroentérologue Andrew Wakefield accusait la vaccination ROR d'être une des causes de l'autisme (Lancet. 1998;351(9103):637). Depuis 8 ans, des milliers de personnes à travers le monde ont dû dépenser temps, énergie et ressources financières pour réaliser des études, aboutissant toutes à des résultats négatifs ; des dizaines de milliers de médecins ont tenté de rassurer des parents angoissés ; des centaines de milliers d'enfants ont eu leur vaccination ROR repoussée ou annulée, faisant baisser la couverture vaccinale en Angleterre de 92% à 78.9%. Résultat : réapparition des épidémies de rougeole, et premier cas mortel !

Pourquoi ? Parce que le Dr Wakefield était payé depuis 1996 par un groupe d'avocats tentant de démontrer que les vaccins ROR étaient dangereux afin d'intenter un procès collectif (1600 familles convaincues...) aux fabricants de vaccins. Ses honoraires (plus de £400,000 (> 600.000? ) se sont étalés sur 10 ans, jusqu'à la dénonciation par un collègue.

(en anglais)


Polémique sur le vaccin contre l'hépatite B


Les polémiques sur les vaccins ne datent pas d'hier, témoin cette Une de Match datant de plusieurs années :


Vidéo :


Au cours du Séminaire Information et Dialogue qui s’est tenu à Deauville (3-4 octobre 2008), le Pr Daniel Floret, Président du Comité technique des vaccinations a rappelé une fois encore, l’absence de tout lien avéré entre la vaccination contre l’hépatite B et la survenue de sclérose en plaques.

La dernière étude faisant état d’une petite augmentation du risque dans un sous-groupe d’enfants, « a f ait l’objet d’une analyse précise par des experts en épidémiologie, en méthodologie et du Comité national de pharmacovigilance », souligne le Pr Floret. Or tous ont conclu que « ce résultat était fortuit ».

La médiatisation à outrance de cette étude a de nouveau jeté l’opprobre sur le vaccin. Et cela dure depuis 10 ans. Résultat, seuls 29% des enfants de moins de deux ans sont vaccinés en France. Contre 97% en Espagne, 95% en Italie et 81% en Allemagne. Six adolescents français sur dix vont entrer dans la période à risque sans être protégés. Selon Daniel Floret, « sur 628 cas d’hépatite B aiguë survenus en 2005, la moitié aurait pu être évitées.  »

Pourquoi cette polémique franco-française ? « On vaccine contre cette maladie pratiquement partout dans le monde. Et personne n’a démontré cet état de fait. L’une des explications possibles, c’est que contrairement aux autres pays, en France entre 1994 et 1997, les 20-40 ans ont été massivement vaccinés. Et c’est précisément dans cette tranche d’âge que la sclérose en plaques se révèle le plus souvent ».

Pour relancer la vaccination, Daniel Floret ne cesse de marteler que « l’hépatite B est une maladie grave. Et elle existe bel et bien en France ». La preuve, en 2001 elle a été à l’origine de 1 507 décès. « Les enfants d’aujourd’hui seront un jour à risque de rencontrer le virus à l’occasion de leur vie sexuelle, à l’occasion de leurs voyages. La meilleure façon de les protéger, c’est la vaccination. »

Source : Information et Dialogues – Deauville – 3 et 4 octobre 2008


De l'incohérence de la politique vaccinale à la pratique clinique

R.Cohen - Service de microbiologie - CHI Créteil - janvier 2006

(Médecine et Enfance)

Après une campagne de vaccination peut-être excessive, dans les années 94-96, de l'ensemble de la population et l'observation d'associations fortuites de cas de maladies démyélinisantes survenues chez des adultes au décours de la vaccinaton, en 1998, le ministre de la Santé de l'époque (Bernard Kouchner) décide, du jour au lendemain, d'arrêter la vaccination contre l'hépatite B dans les collèges. Cette décision semble avoir été prise sans avis préalable, ni du Comité technique des vaccinations (CTV) ni du Conseil supérieur d'hygiène publique de France (CSHPF).

Alors que la relation entre vaccination contre l'hépatite B et maladies démyélinisantes n'a été reconnue dans aucun pays jusqu'à ce jour, cette décision a jeté en France une suspicion définitive sur la vaccination contre l'hépatite B. Il s'en suivra toute une série d'enquêtes, de procès, d'émissions de télévisions diverses et multiples, dont on connaît aujourd'hui le résultat : un fiasco; moins de 30% des nourrisons français sont vaccinés contre l'hépatite B.

Alors qu'en première instance, ou en appel, différentes juridictions avaient condamné les firmes productrices de vaccin lors des procès intentés par des patients souffrant de SEP, en septembre 2003, la Cour de cassation a estimé que le lien entre vaccination contre l'hépatite B et la survenue de SEP n'était pas démontré et a cassé les deux arrêts de la Cour d'appel de Versailles qui avaient condamné une firme pharmaceutique. (...) En septembre 2003, une conférence de consensus internationale commanditée par les autorités françaises a fortement recommandé la vaccination des nourrissons et des enfants, sans que cela soit suivi d'aucune mesure effective des mêmes instances. Cette conférence de consensus avait été précédée de la commission Dartigues et différents avis aboutissant aux mêmes conclusions. A la suite de l'article de Hernan, le jury de la conférence de consensus s'est de nouveau réuni en octobre 2004 et a confirmé la nécessité de vacciner les nourrissons, les enfants et les adultes à risque. Que s'est-il passé au décours...rien!


Campagnes de vaccinations en Afrique :


Mise à jour sur l'Hexavac

Evaluation européenne

Suspension de l'AMM du vaccin HEXAVAC® pour défaut d'efficacité

L'Agence Européenne pour l'évaluation du médicament (EMEA) recommande par mesure de précaution la suspension de l'autorisation de mise sur le marché du vaccin HEXAVAC®. Ce vaccin est destiné à protéger les nourrissons contre le tétanos, la diphtérie, la coqueluche, la poliomyélite, les infections à Haemophilus influenzae b et l'hépatite B. La décision européenne de suspension intervient en raison d'un doute sur la protection à long terme de ce vaccin, uniquement contre l'hépatite B. La tolérance du vaccin n'est pas en cause.

L'identification d'une diminution de l'immunogénicité (notamment la quantité d'anticorps dans le sang) du vaccin HEXAVAC® vis à vis de l'hépatite B a conduit l'EMEA à en recommander la suspension d'AMM le 16 septembre 2005. Ce phénomène fait douter de la persistance de l'efficacité à long terme. Il pourrait résulter des variations du procédé de fabrication du vaccin HEXAVAC®. La protection contre les cinq autres maladies n'est pas affectée.

HEXAVAC® est autorisé depuis 2000 selon une procédure européenne et commercialisé en France depuis 2003. En France, la grande majorité des enfants vaccinés contre l'hépatite B l'a été par d'autres vaccins et n'est donc pas concernée.

L'EMEA précise qu'il n'existe pas de problème immédiat pour les enfants déjà vaccinés par HEXAVAC®.

Dans l'attente des recommandations du groupe de travail mis en place pour définir les modalités de surveillance de ces enfants, l'Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps) conseille aux prescripteurs de poursuivre ou de démarrer le programme de vaccination en recourant aux autres vaccins protégeant contre les mêmes maladies (tétanos, diphtérie, coqueluche, poliomyélite, infections à Haemophilus influenzae b et hépatite B), en formulation combinée ou séparée.

L'Afssaps et l'EMEA soulignent l'importance de la vaccination pour assurer une protection contre des maladies infectieuses graves. La vaccination doit être poursuivie selon les recommandations et le schéma de vaccination officiels.

Les médecins prescripteurs recevront une lettre d'information. Un ensemble de questions-réponses est également disponible sur le site de l'Afssaps. Il est destiné aux parents qui souhaiteraient disposer d'informations complémentaires.

Questions/réponses

1. Que contient le vaccin Hexavac® retiré du marché ?

Le vaccin Hexavac®, distribué en Europe par Sanofi-Pasteur-MSD, est un des vaccins combinés actuellement disponibles pour protéger les nourrissons contre six maladies : le tétanos, la diphtérie, la coqueluche, la poliomyélite, les infections à Haemophilus influenzae b et l'hépatite B. Il a été autorisé en Europe depuis 2000 et effectivement utilisé en France depuis 2003.

2. Pourquoi le vaccin Hexavac® est-il retiré du marché ?

Les autorités européennes responsables de surveiller la qualité des vaccins (EMEA) ont identifié une variation anormale des réponses en anticorps induites par le vaccin contre l'hépatite B. Cette variation est particulièrement marquée lorsque ce vaccin contre l'hépatite B est combiné aux 5 autres vaccins des nourrissons, formant le vaccin combiné Hexavac®. Il est possible que cette immunogénicité plus faible signifie une moins bonne protection à long terme contre l'hépatite B, aussi les autorités de santé européennes ont estimé prudent de suspendre ce vaccin en attendant que cette question soit réglée. La tolérance de ce vaccin n'est pas en cause.

3. Quelles sont les conséquences pour les enfants ayant été vaccinés par l'Hexavac® ?

La vaccination par Hexavac® protège efficacement contre le tétanos, la diphtérie, la coqueluche, la poliomyélite et les infections à Haemophilus influenzae b. Mais certains enfants vaccinés par Hexavac® pourraient ne pas bénéficier d'une protection contre l'hépatite B suffisamment élevée pour les protéger efficacement pendant leur vie d'adolescents et d'adultes.

4. Quel est le risque qu'un enfant vacciné par Hexavac® soit insuffisamment protégé contre l'hépatite B ?

Le pourcentage d'enfants n'atteignant pas un taux élevé d'anticorps après vaccination Hexavac® varie entre 5% et 20%. Ces enfants bénéficient actuellement d'une protection contre l'hépatite B, mais il est possible que cette protection ne se prolonge pas suffisamment dans le temps.

5. Peut-on déterminer si un enfant qui a été vacciné par Hexavac® est protégé à long terme contre l'hépatite B ou non?

La protection à long terme contre l'hépatite B repose sur l'induction de l'immunité mémoire. Celle-ci est particulièrement efficace lorsque des taux élevés d'anticorps (anti-HBs = 100 UI/l) sont atteints un mois après la dernière dose de vaccin. Les anticorps baissent ensuite progressivement, mais la protection persiste parce que la mémoire immunitaire peut se réactiver rapidement si nécessaire.

Il est possible de doser les anticorps contre l'hépatite B (anti-HBs) dans le sang, même longtemps après la dernière dose de vaccin. Un taux = 10 UI/l suffit à la protection à court terme. Si les anticorps sont = 100 UI/l, la protection est assurée à long terme. Un taux d'anticorps < 100 UI/l, ne permet pas de déterminer si l'enfant avait atteint un taux d'anticorps = 100 UI/l un mois après sa dernière dose de vaccin ou si ce seuil n'avait pas été atteint. Un dosage des anticorps contre l'hépatite B plusieurs mois ou années après la dernière dose de vaccin Hexavac® ne permet donc pas de déterminer de façon fiable si la vaccination a induit - ou non - une protection à long terme.

6. Que proposer pour les enfants en cours de vaccination par Hexavac ?

D'autres vaccins protégeant contre les mêmes maladies (tétanos, diphtérie, coqueluche, poliomyélite, infections à Haemophilus influenzae b et hépatite B), peuvent être utilisés en formulation combinée ou séparée.

7. Faudra-t-il donner une dose supplémentaire de vaccin hépatite B aux enfants qui ont été vaccinés par Hexavac® ?

Un groupe d'experts le déterminera dans les prochaines semaines. Des informations seront communiquées aux professionnels de santé et seront disponibles sur le site de l'Afssaps.

Communiqué de l'AFSSAPS