Mon enfant entend mal (l'enfant sourd ou malentendant)
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chez le nourrisson
Le Figaro, 8 septembre 2006: Le traitement précoce des troubles auditifs chez les bébés améliore leur développement intellectuel.
Chaque année en France, près d'un millier de bébés naissent sourds dont 40% atteints de surdité profonde. Ce handicap détecté avec beaucoup de retard dans 80% des cas aura des conséquences dramatiques sur l'acquisition du langage et par-là même sur le développement intellectuel de l'enfant.
«Notre pays est en retard en matière de dépistage généralisé de la surdité dès la maternité par rapport à de nombreux autres pays européens où celui-ci est généralisé dès la naissance», ont déclaré les experts réunis par l'Inserm dans le cadre d'une expertise collective demandée à l'initiative de la Canam, la Caisse nationale d'assurance-maladie des travailleurs indépendants.
Ces experts plaident pour l'organisation d'un dépistage néonatal systématique. Car il existe depuis quelques années des tests diagnostiques de qualité - otoémissions acoustiques et potentiels évoqués auditifs automatisés - ainsi que des traitements performants adaptés à la sévérité de la surdité. Pour l'instant, depuis 2005, une trentaine de maternités (Bordeaux, Lille, Lyon, Marseille, Paris et Toulouse) sont reliées à un centre de diagnostic de la surdité dans le cadre d'un programme expérimental lancé par la Caisse nationale d'assurance-maladie. Celui-ci fait appel au deuxième test diagnostique jugé plus fiable, mais aussi plus coûteux et plus délicat à réaliser. «Mais en cas de dépistage systématique sur l'ensemble du territoire, ce sera aux autorités sanitaires de trancher quel test choisir», estiment les experts.
Signes évocateurs discrets
Pourtant, 80% des bébés qui naissent sourds en France - trois quarts d'entre eux sont d'origine génétique - ne sont pas détectés d'emblée. Enfermé dans un silence complet, le bébé compense par une très grande attention aux informations visuelles. La surdité sera diagnostiquée beaucoup plus tard autour de dix-huit mois en moyenne, car les signes évocateurs restent longtemps très discrets. Il faut y penser devant un bébé qui ne gazouille plus vers l'âge de huit mois, qui à neuf mois ne redouble pas les syllabes, qui à quatorze mois ne dit pas «maman» ou «papa» et ne réagit pas à son prénom. «Mais lorsque les parents ont un doute, jusqu'à preuve du contraire, on doit considérer que l'enfant est sourd et procéder à des tests», soutient le Pr Françoise Denoyelle, chef du service d'ORL à l'hôpital d'enfants Armand-Trousseau à Paris qui pointe le manque de services hospitaliers capables de répondre à la demande.
Quelle que soit l'origine de la perte auditive, tous les travaux s'accordent pour dire que les enfants sourds doivent bénéficier d'une prothèse - audioprothèse ou implant électronique ou électroacoustique selon les cas - dès leurs plus jeunes années. Car les connexions cérébrales sont alors en pleine construction. «Idéalement, la pose d'un implant cochléaire doit avoir lieu entre un et deux ans en cas de surdité profonde, mais en fait cela est possible jusqu'à l'âge de quatre ans», précise le Pr Denoyelle. Voire plus tard lorsque la perte auditive s'est aggravée ultérieurement. Il faut compter 25 000 euros pour la pose d'un implant, pris en charge par l'assurance-maladie.
La cochlée dans l'oreille interne est l'organe clé de l'audition. Elle est tapissée de 3 000 cellules ciliées qui transforment les vibrations perçues par les cils en signaux électriques qui vont rejoindre le cerveau grâce aux fibres nerveuses du nerf auditif.
Bien des défis se posent encore à la recherche. De nouvelles générations d'appareils ont vu le jour grâce au numérique. «Il permet d'enrayer les distorsions liées au bruit ou à la diversité des sons», précise Paul Avan, professeur de biophysique sensorielle à la faculté de médecine de Clermont-Ferrand.
La Haute Autorité de Santé (HAS) vient de rendre un avis favorable au dépistage systématique d'un trouble auditif grave et relativement fréquent chez le nouveau-né : la surdité permanente néonatale.
Prendre en charge les troubles auditifs assure un meilleur développement de l'enfant .
La surdité permanente néonatale (SPN) est un déficit assez fréquent, sa prévalence est estimée à au moins 1 pour 1 000 naissances. Chez l'enfant, cette surdité entraine des perturbations au niveau du développement de la communication, de l'apprentissage du langage et du développement cognitif. Cette pathologie est restée pendant longtemps dans l'ombre et les parents se rendaient compte sur le tard du handicap de leur enfant. Ce retard dans la prise en charge était fortement péjoratif pour lui.
Depuis quelques années sous la pression des familles et des ORL, les pouvoirs publics se sont enfin penchés sur la question mettant en place des enquêtes nationales et des tests de dépistage dans certaines maternités. Mercredi, la HAS a rendu son rapport concernant le dépistage systématique de ce trouble. Pour les sages, le diagnostic et la prise en charge précoce de la SPN permettrait d'améliorer l'acquisition du langage et de développer les capacités de communication. Malgré l'absence de preuves scientifiques formelles on peut conclure, disent-ils, à l'efficacité probable d'un programme de dépistage systématique en termes de développement de la communication chez l'enfant.
La HAS recommande donc que le dépistage systématique de la SPN soit mis en ouvre au niveau national de façon progressive en s'appuyant sur les expérimentations en cours afin de bénéficier de leur expérience. Cette montée en charge progressive, région par région, d'un programme de dépistage systématique permettra au plan national d'identifier les difficultés rencontrées au plan organisationnel (modalités de dépistage en maternité et structuration des prises en charge en aval) qui, le cas échéant, pourront être corrigées au fur et à mesure de l'extension.
Le dépistage de la SPN se fait à l'aide de la technique des oto-émissions acoustiques. Les oto-émissions acoustiques provoquées sont des sons émis par l'oreille interne en réponse à une stimulation auditive brève. Elles transitent par l'oreille moyenne, rejoignent le conduit auditif externe, où elles sont enregistrées à l'aide d'un microphone. Les produits de distorsion représentent un type particulier d'oto-émissions acoustiques car ils sont enregistrés en réponse à une stimulation par deux sons simultanés. Les produits de distorsion renseignent sur la physiologie de l'oreille interne et constituent une image objective de son fonctionnement. Ce test simple et rapide, exigeant dans sa réalisation, prend tout son intérêt dans le dépistage de la surdité à la naissance.
Sciences et Avenir.com
12/04/07
Pour en savoir plus
Articles et livres récents
Dépistage néonatal : Enfants Magazine, n°362, octobre 2006
Dépister le plus tôt possible. Pediatrie pratique, novembre 2008, n°202
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