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La référence pédiatrique en ligne

site complémentaire du livre Votre Enfant, des Drs Rossant, éditions Robert Laffont

Morbidité : mortalité chez enfants

 

Un article de VotreEnfant.


Sommaire

Situation sanitaire et sociale des enfants

démographie, morbidité. Mortalité chez les enfants

La natalité et la mortalité aux différents âges de la vie conditionnent la proportion d'enfants dans la population générale.

La population française était de 48 millions en 1964, 52.600.000 en 1974, de 58.723 millions en 1998. Ce dernier chiffre inclut les étrangers résidant en France (un peu moins de 4 millions) mais exclut les nationaux résidant dans les Départements et Territoires d'Outre Mer ou à l'étranger.

La natalité

Elle se mesure par le taux brut de natalité (nombre de naissances vivantes pour 1 000 habitants). Le taux de natalité en France est passé de 17,5 ? en 1966 à 13,6 ? en 1976 et oscille maintenant entre 12 et 14 ? (en 1997 12,57 ?).

Pour mémoire, ce taux dans les pays en voie de développement est de 35 à 50?.

Le nombre des naissances vivantes annuelles est utile à connaître en pédiatrie : 878 000 en 1964, il décroît jusqu'en 1976 : 720 000 puis augmente jusqu'en 1981 : 806 000 pour redescendre ensuite et varier entre 700 et 750.000 par an (725.000 en 1997). 740 000 naissances en 1998, 778 000 en 2001 : la natalité française augmente.

On utilise aujourd'hui des indices synthétiques reflétant mieux le comportement de la population. Ainsi l'indicateur dit "somme des naissances réduites", ou "indicateur conjoncturel de fécondité" exprime le nombre moyen des naissances vivantes par femme.

Il était de :

  • 2,90 en 1964
  • 2,47 en 1970
  • 1,93 en 1975
  • 1,95 en 1980
  • 1,81 en 1985
  • 1,78 en 1990
  • 1,70 en 1995
  • 1,71 en 1997

Un chiffre de 2,1 est le minimum permettant d'assurer la stabilité de la population (remplacement de la mère et du père), compte tenu de la mortalité. Tout chiffre inférieur implique une diminution et, à terme, la disparition de cette population. La situation est devenue préoccupante en France en 1976 (1,8), s'est stabilisée à 1,8 ensuite mais se détériore progressivement depuis 1989. Ce problème se retrouve dans tous les pays industrialisés. La baisse de la fécondité en France résulte de façon quasi exclusive de la diminution des naissances de rang 3 et plus. Ceci explique l'intérêt porté par les gouvernements à la naissance du troisième enfant

Les démographes qui se penchent sur la natalité étudient aussi :

  • Les effets de la contraception : les femmes de 20 à 44 ans sont 70 % à avoir recours à une méthode contraceptive. Si ce pourcentage est le même qu'il y a 20 ans, ce qui a changé en revanche, c'est le nombre de femmes utilisant la pilule : de 28 % à l'époque, le chiffre est passé à un peu plus de 40 %. Chez les moins de 30 ans, elle est utilisée par 3 femmes sur 4. Le stérilet est en recul et concerne 23 % des femmes ayant recours à la contraception et concerne surtout celles qui ne veulent plus avoir d'enfants. Enfin, 29,4% des femmes n'utilisent aucun moyen contraceptif.
  • Les effets de la libéralisation de l'avortement : la baisse de la natalité a commencé bien avant la loi de 1974 autorisant l'avortement dans certaines conditions. Le nombre d'avortements légaux après une augmentation régulière de 1976 (134 173) à 1983 (182 862) a tendance à diminuer 173 335 (1985), 156.000 déclarés en 1995. Les IVG (interruptions volontaires de grossesse) traduisent les limites de la contraception.
  • L'évolution de la nuptialité. Le mariage est depuis plus de 20 ans l'objet d'une désaffection de plus en plus grande. Le nombre de mariages en 1997 est de 284.500. Le taux de nuptialité, c'est-à-dire le nombre de mariages de célibataires pour 1.000 personnes de chaque génération, de 8,1 en 1972 est tombé à 4,8 en 1987, il est de 4,8 en 1996. On sait que beaucoup de femmes vivent en "union libre" mais certaines "régularisent" la situation lors de la survenue d'un enfant. Cependant l'augmentation des naissances hors mariage est régulière. 150 492 en 1985 représentant 19,6 % du total des naissances, 216.000 en 1989 soit 28,2 % des naissances, 31,9 % des naissances en 1991 et 39 % en 1996 alors que pendant plusieurs décennies la proportion s'était stabilisée à 6 %.

L'âge moyen du mariage augmente dans les deux sexes (29 ans pour les hommes et 27,6 ans pour les femmes).

  • Les effets de l'augmentation des divorces.

La population étrangère en France

La population étrangère est difficile à définir (étrangers mariés à des français...)

Elle est de 3,6 millions, stable depuis plus de 20 ans : 6,4% de la population totale en 1990, 6,8% en 1975.

Cette population est composée essentiellement de Portugais (649 714), Algériens (614 207), Marocains (572 652), Italiens (252 759), Espagnols (216 047), Africains noirs et malgaches (176 745), Asiatiques (424 668), 197 712 Turcs, 206 366 Tunisiens.

Les travailleurs étrangers sont souvent accompagnés par leur famille : ils assurent d'ailleurs 11 % des naissances en France.

La mortalité

La mortalité se mesure par le taux brut de mortalité : nombre de morts rapporté à 1 000 habitants. Ce taux dépend aussi de la structure de la population. Il est inférieur à 10 en France depuis 1986 (10,7 en 1966, 10,5 en 1976, 9,8 en 1986, 9,2 en 1995).

Le nombre de décès est de 534.000 en 1997 soit un de taux de mortalité de 9,1 décès pour 1000 habitants.

L'espérance de vie à la naissance est passée de 1964 à 1997 de 68 à 74,2 ans pour les hommes, et 75,6 à 82,1 pour les femmes.

La différence entre les taux bruts de natalité et de mortalité mesure l'accroissement de la population. En 1997, il est de : 12,4 - 9,1 = 3,3 ?. Ce chiffre est faible, et dans certains pays occidentaux, existe déjà un excédent des décès sur les naissances. Ce chiffre doit être comparé à l'accroissement des naissances dans les pays sous-équipés qui est de 2 à 3 %, aboutissant ainsi à un doublement de la population en 20 à 35 ans.

La mortalité infantile

C'est par définition la mortalité de la première année de vie.

Son taux est calculé par le nombre de morts au cours de la première année de vie rapporté à 1 000 enfants nés vivants. Ce taux est un bon indice du niveau de santé d'un pays. Très élevé dans les pays sous-équipés : 150 à 300 pour mille, il s'est fortement abaissé dans les pays occidentaux, descendant à 20, 15 et même 10 pour mille (4,8 en France en 1995).

La mortalité infantile se différencie en effet :

  • en mortalité néonatale de 0 à 27 jours,
  • et mortalité post-néonatale de 28 à 365 jours.

La mortalité post-néonatale est due principalement aux maladies infectieuses et à la malnutrition, elles-mêmes liées à la pauvreté et à l'ignorance. Ces causes, dites "exogènes", ont pu être efficacement combattues par une meilleure hygiène de vie, l'éducation sanitaire, les vaccinations, les antibiotiques, les lois sociales. L'importante baisse de la mortalité infantile est due avant tout à la baisse de la mortalité post-néonatale. Dans les pays industrialisés, c'est la mort subite du nourrisson qui représente maintenant la première cause de cette mortalité.

La mortalité néonatale, au contraire, relève surtout de causes dites "endogènes" mal connues. Dans les premiers jours de la vie, on s'aperçoit que les trois causes de mort principales sont : la prématurité, les malformations, le mauvais déroulement de l'accouchement.

Cette mortalité néonatale est elle-même subdivisée en mortalité néonatale précoce (0-6 jours) et tardive (7 à 27 jours). La grande majorité des décès se produit encore pendant les premiers jours de la vie, bien que les progrès réalisés en néonatologie maintiennent en survie un certain nombre d'enfants ; cette survie pouvant même se prolonger plusieurs mois.

On appelle mortalité périnatale, l'addition de la mortalité foetale tardive (mort-nés) et de la mortalité néonatale précoce en les rapportant généralement toutes les deux au nombre de naissances vivantes. Ceci évite les erreurs d'appréciation sur la vitalité de l'enfant à la naissance (faux mort-nés) et se justifie par le fait que les causes de mort sont assez souvent les mêmes.

Cette mortalité périnatale demeurait très élevée : 26 pour mille en 1970 alors que le taux de mortalité infantile n'était qu'à 17 pour mille. Elle constituait donc un problème important de santé publique, justifiant les mesures spéciales qui ont été prises (voir PMI) et qui ont abaissé le taux de 26 à 10,7 pour mille en 1986.

La mortalité pendant la grossesse. On peut schématiquement diviser la grossesse en trois périodes de 12 semaines chacune. Un enfant ne peut vivre qu'après 26 semaines de vie intra-utérine (180 jours dans la législation française qui fait partir encore la grossesse du quinzième jour qui suit la date du début des dernières règles). Toute naissance avant ce terme est donc un avortement (fausse couche) et après 27 semaines, l'enfant peut naître mort, c'est un mort-né (mortalité foetale tardive), ou vivant : c'est un prématuré, immature. Il peut être difficile d'établir la différence entre avortement et mort-né en se basant uniquement sur la durée de gestation souvent difficile à préciser. Il est plus facile de se baser sur le poids et désormais doit être considéré comme mort-né tout foetus dont le poids de naissance est supérieur ou égal à 500 grammes.

La mortalité chez les enfants de 1 à 4 ans

La France ne se situe qu'au 13ème rang mondial pour ce qui concerne les taux de mortalité périnatale et infantile

Elle est inférieure à 0,5 pour 1 000 et continue à diminuer lentement. Cette mortalité est due essentiellement aux accidents (37 %) qui précèdent de loin les anomalies congénitales (11,8 %) et les tumeurs malignes et leucémies (7,7 %). La mortalité par infections pulmonaires (4,3 %) et générales (4,3 %) a considérablement régressé, bien que ces maladies soient encore fréquentes.

La mortalité chez les enfants de 5 à 14 ans

La mortalité de 5 à 14 ans est la plus faible de toutes les classes d'âge avec des variations faibles dans le temps ; elle est environ de 0,25%° pour les garçons et 0,17%° pour les filles.

Ce sont les accidents qui constituent la moitié de ces décès ; la deuxième cause est représentée par les tumeurs et les leucémies.

La morbidité

On sait que la fréquence d'une maladie se juge par son incidence (nombre de nouveaux cas pendant une période donnée) et sa prévalence (nombre de cas existant à une date ou pendant une période donnée).

Sur 1 000 naissances, 820 nouveaux-nés sont « normaux », 100 vont poser des problèmes médicaux, 60 seront repérés à risque grave (hospitalisation et surveillance permanente) et 20 (environ 15 000 enfants par an) seront dans une situation de détresse vitale

En 2002, 7,2 % des enfants naissent prématurés (6,8 % en 1998)

50 % seulement des enfants français sont allaités à la naissance (contre 98 % en Norvège) et 5 % seulement à 4 mois (contre 64 %) en Suède

  • Chez l'enfant de 0 à 6 ans

Les maladies nutritionnelles, de carence, ont pratiquement disparu, même le rachitisme. Elles sont maintenant d'un type opposé : l'obésité par surcharge calorique.

Les maladies infectieuses bactériennes : diphtérie, typhoïde... sont également bien maîtrisées par les progrès de l'hygiène, l'élévation du niveau de vie, les vaccinations, les antibiotiques.

Il reste essentiellement les maladies virales, encore que nous puissions vacciner contre la poliomyélite qui maintenant a pratiquement disparu en France, la rougeole, les oreillons, la rubéole et l'hépatite.

L'accent doit être mis essentiellement sur le dépistage des infirmités et inadaptations et, naturellement, leur correction dans la mesure du possible.

Les définitions doivent être claires : une lésion organique peut donner une infirmité et cette infirmité entraîner un handicap, c'est-à-dire une mauvaise insertion familiale, scolaire et sociale.

Il faut différencier :

  • les infirmités motrices (IMC) : l'infirme moteur cérébral a théoriquement une intelligence normale; en fait une paralysie importante entrave généralement le développement mental et on parle alors d'IMOC (Infirmité Motrice d'Origine Cérébrale)
  • les infirmités sensorielles (auditives et visuelles) qui gênent la relation de l'enfant et de son entourage,
  • les déficiences mentales
  • et enfin, les inadaptations : sous ce terme, on regroupe les différents troubles du comportement liés le plus souvent aux problèmes sociaux et familiaux.

Des travaux effectués en France et à l'étranger, il ressort que :

  • 0,5 % des enfants sont sourds profonds, (1 pour 2 000)
  • 5 % sont hypoacousiques et risquent, de ce fait, de présenter des troubles du langage.
  • 10 à 15 % ont des anomalies de la vision,
  • 3 à 4 % ont un strabisme,
  • 0,15 % présentent une infirmité motrice cérébrale.

Pour les retards mentaux, il faut tenir compte du degré de débilité et on estime qu'il y a :

  • débiles légers : 35 000 par an
  • débiles moyens : 5 600 par an
  • débiles profonds : 1 500 par an (2 ?)

On note également :

  • troubles du comportement : 7,5 ?
  • états psychotiques : 1,37 ?

Quels sont les motifs de consultation pédiatrique courante ?

Parmi les troubles dits mineurs, les plus fréquents sont les atteintes des voies respiratoires (rhume, otite, bronchite...), les troubles digestifs (vomissements, diarrhées), les troubles cutanés (eczéma, allergie, angiome...), les troubles orthopédiques. Parmi ces maladies, signalons le rhume commun (la rhinopharyngite), affection à virus peu immunisante qui atteint les enfants sept à huit fois au cours des premières années et dont le traitement pose un problème pédiatrique difficile.

Une mention particulière doit être faite pour les troubles d'adaptation, déjà signalés, d'aspects variés, et dont l'importance croît avec les bouleversements apportés aux traditions familiales.

A l'âge scolaire

Les difficultés scolaires, les retards dans la scolarisation constituent une cause importante de consultation (20 % de redoublants à la première année d'école élémentaire). Ces difficultés peuvent être dues à une infirmité, mais relèvent beaucoup plus souvent d'une inadaptation familiale ou sociale.

Le problème des caries dentaires doit également être abordé en pédiatrie. C'est une maladie touchant presque toute la population et entraînant des dépenses importantes (10 % du budget de la sécurité sociale). Or, elle peut être réduite de 70 % grâce à des conseils d'alimentation (pas de sucre entre les repas), des conseils d'hygiène (brossage des dents) et la prise de fluor.

Pour le grand enfant et l'adolescent

Plus de 100 000 enfants par classe d'âge ont un problème visuel (15 % de la population)

1 enfant sur 1000 naît avec une surdité profonde et 1 sur 500 présente une baisse auditive durable avant l'âge adulte

Plus de 20 % des enfants de 5 ans ont une otite muqueuse bilatérale avec retentissement auditif

1 enfant sur 8 souffre d'obésité, soit deux fois plus qu'il y a 20 ans

500 000 enfants souffrent d'asthme (la prévalence a doublé entre 1975 et 1994)

Plus de 18 000 enfants sont maltraités

Près de 40 000 enfants sont handicapés et non scolarisés

2 000 nouveaux cas de cancer de l'enfant surviennent chaque année en France

150 000 à 200 000 enfants sont épileptiques

10 000 enfants sont diabétiques insulinodépendants

Seulement 84 % des enfants sont vaccinés contre la rougeole à 2 ans

La croissance s'est accélérée au cours des derniers siècles et se termine à 17 ou 18 ans. La longueur de la période de l'adolescence s'est ainsi accrue avec, d'un côté l'apparition plus précoce de la puberté et de la maturité (trois ans d'avance en un siècle) et, de l'autre, l'allongement des études entraînant un retard de l'insertion dans la vie productive. Cet allongement est une des causes du malaise de la jeunesse actuelle. La précocité des relations sexuelles a créé un problème de grossesse chez les adolescentes et celui de la contraception à cet âge.

En plus de ce problème, se pose à cet âge le problème des suicides, de la drogue, de la délinquance juvénile. De nombreux travaux ont été réalisés sur ce sujet, mettant en évidence la disparition de l'idéal familial, le relâchement des liens familiaux et le rôle de l'insertion socioprofessionnelle

Quelques autres repères utiles :

  • 50 % des motifs de consultation des adolescents à l'hôpital concernent des maladies chroniques, des tentatives de suicide, une anorexie mentale et des conduites addictives
  • 10 % des adolescents consomment régulièrement de l'alcool
  • 25 à 30 % des adolescents fument
  • 11,5 % des adolescents de 15 ans ont déjà consommé du haschich
  • 20 % présentent des signes dépressifs et 7,3 % ont une dépression
  • 50 % présentent une plainte somatique signifiant un mal-être psychique
  • 8 % des tentatives de suicide chez les filles et 5 % chez les garçons : 200 morts par suicide par an entre 15 et 19 ans
  • 5 % ont des troubles de l'alimentation (boulimie, anorexie mentale)
  • 11 % des filles ont des épisodes boulimiques entre 14 et 20 ans
  • 16 000 grossesses par an chez les adolescentes de moins de 18 ans
  • 10 % des jeunes filles en difficultés sont sans soins
  • 43 % ont eu un accident dans l'année
  • 17 % consomment des psychotropes


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